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"Nous sommes la seule galerie photo du Moyen-Orient". Gros plan.

Publié le par Kyradubai

"Nous sommes la seule galerie photo du Moyen-Orient". Gros plan.

Vous la trouverez tous les jours dans sa galerie, Empty Quarters, sa seconde nature, ou aux alentours, dans Gate Village dont elle a contribué au buzz artistique. La photographie est non seulement sa passion mais Safa Al Hamed a une ambition plus large : transmettre son goût et ses connaissances de l’art aux jeunes Arabes de la région. Rencontre.

Comment avez-vous eu l’idée d’ouvrir Empty Quarters, une galerie entièrement dédiée à la photographie ?

Princess Reem Al Faysal (associée) a un message à faire passer. Elle m’a donné l’inspiration et l’amour de la photo. Nous sommes la seule galerie photo des Emirats arabes unis et du Moyen Orient. Empty Quarters a officellement ouvert ses portes en mars 2009 mais Princess Reem et moi avions cette idée en tête deux ans avant son ouverture. Princess Reem en est à l’origine. Nous sommes les premières à avoir lancé une galerie de ce type sur ce marché. Il n’y avait rien. Si nous ne nous étions pas jetées à l’eau, il n’y en aurait pas.

Parlez-nous du marché de l’art à Dubai ?

Le marché de l’art progresse très rapidement ici. En Europe, il est déjà à son pinacle mais ici il est en plein développement. Tous les artistes viennent à Dubai car ils sentent le potentiel créatif et de développement.

Quelles ont été les réactions à l’ouverture de la galerie ?

Beaucoup ont adoré l’endroit même si ils avaient des doutes sur le fait que nous nous concentrions sur la photo uniquement. C’est un marché de niche. « Pourquoi seulement la photo ? Y a-t-il des collectionneurs ici pour ce marché ? » s’interrogeaient-ils. « Vous payez un loyer très cher… Exposez des peintures, des sculptures au moins… » Voilà les réactions des visiteurs locaux ou non et des artistes. Cet endroit est le mieux situé (Empty Quarters se trouve dans Gate village, en face du restaurant français La Petite Maison) et les artistes venaient nous demander de les exposer. Nous devions leur dire « non, nous ne faisons que de la photo… »

Et d’ailleurs vous ouvrez une galerie traditionnelle ?

The Cube Art Gallery. C’est aussi un projet unique. Nous sommes trois associées : Princess Reem Al Faysal, Lulu Al Hamood qui est artiste aussi, et moi-même. Ensemble nous avons un message spirituel. Nous espérons ouvrir Cube Art en Mars. Nous essayerons de le faire une semaine avant Art Dubai si la logistique autour nous le permet.

Quelle est la démarche de vos expositions ?

Notre style est différent. Dans chaque exposition, il y a une histoire en coulisses. Nous envoyons beaucoup de messages. Chaque artiste a son propre message d’ailleurs. C’est aussi comme une sorte de musée en même temps.

Vous me disiez vouloir éduquer les gens de la région en ce qui concerne l’art ?

Oui, notre but est d’éduquer les gens, leur montrer la valeur de l’art. Nous ne sommes pas là pour vendre uniquement. Si vous me le permettez, je vais faire une comparaison avec la cuisine : certaines personnes vont diner La Petite Maison, d’autres prendront du Kentucky. Princess Reem me disait qu’en tant que photographe, elle voulait éduquer les Arabes à ce qu’est la photographie. C’est un marché émergent.

Recevez-vous des aides de sponsors privés ou du gouvernement ?

Nous n’en avons sollicité d’aides mais nous allons changer de stratégie cette année afin d’être plus actifs. Nous faisons tout cela pour les prochaines générations. Dans 50 ans, nous serons reconnus comme les meilleurs en terme de qualité, d’impression, de capacité à raconter des histoires. J’entrevois la lumière.

Comment est-ce de travailler comme femme locale à Dubai ?

Sheikh Mohammed a toujours inspiré les femmes. Il les aide à démarrer et les veut éduquées et fortes. C’est un grand soutien. Mais, vous savez, même nos parents nous aident, nous aident choisir pour nous-mêmes. Personnellement, au début, j’ai commis beaucoup d’erreurs. Je n’avais pas de sens pratique. J’étais émotionnelle. J’ai gagné en expérience et j’apprends encore. Les décisions étaient loin d’être faciles car il n’y avait rien ici. Il fallait une vision mais il n’y avait rien à quoi se raccrocher. Nous avons du faire beaucoup de marketing.

Comment votre père a-t-il réagi lorsque vous lui avez annoncé que vous alliez ouvrir une galerie d’art consacrée à la photo ?

Mon père a ri et s’est moqué de moi au début. « Si tu veux t’amuser, vas-y, » m’a-t-il dit. Chacun a un rôle dans cette vie. Nous avons un message à délivrer. Il y a des gens à éduquer. Il existe trois catégories de gens : ceux qui donnent, ceux qui donnent et prennent en échange, et ceux qui prennent. Je suis de la première catégorie. Je suis désolée de m’exprimer ainsi mais nous sommes plus que des animaux qui se contentent de se nourrir et de se reproduire. Nous aspirons à autre chose. Tout le monde cherche à être heureux et certaines personnes le sont quand elles donnent. On ne peut pas se satisfaire en prenant. En fait, ici les gens sont des donneurs. C’est pourquoi cette ville s’est construite comme ça. Ici, nous pensons aux autres, nous les gardons à l’esprit lorsque nous bâtissons. Il y a beaucoup de gens de la première catégorie ici. Si vous donnez, vous réussirez. C’est la vie : donnez, donnez, donnez et ne pensez pas au retour.

Qu’aimez-vous dans la photographie ?

J’aime l’histoire, le message, le côté spirituel qui s’en dégage et les souvenirs. C’est un medium rapide aussi. La photographie capture les choses, les moments. Un musée sans photos n’est pas un musée. Les photos nous parlent du passé. Elles sont documentaires. J’aime l’histoire. Notre qualité d’impression est très bonne et nos photos resteront en état des centaines d’années. C’est important que les gens sachent qu’elles leur survivront. Sinon, elles n’ont pas de sens. Nous allons ouvrir un studio d’impression à Al Quoz, peut être en mars également…

Que voyez-vous comme évolution depuis que vous avez ouvert il y a cinq ans ?

Entre 2007 et 2013, j’ai déjà été témoin d’une grande évolution du marché de l’art à Dubai. En 2007, nous étions seuls Gate Village ! Nous ne savions pas si Gate Village deviendrait ce quartier de galeries.

Es-ce plus acceptable aujourd’hui de faire carrière comme artiste lorsqu’on est émirati ?

Pour la plupart des artistes c’était difficile. La vieille génération leur disait « fais quelque chose de sérieux ! » C’est plus accepté d’être artiste pour la nouvelle génération. Avec un job à côté pour pouvoir vivre.

Êtes-vous la seule à avoir opté pour une carrière dans le monde fde l’art dans votre famille ?

Oui. Nous sommes sept frères et sœurs et les autres sont soit avocats, hommes d’affaires, ou dans la construction dans le groupe de mon père.

Quels sont vos photographes préférés ?

Steve Mc Curry bien sûr, mais tout le monde aime son travail. Le travail de Princess Reem qui est rempli de sens et d’âme. J’aime son style mais le sens qu’elle donne à son travail. Ce sont des photos en noir et blanc. Nous avons aussi découvert et exposé Al-Moutasim Al Maskery, un photographe d’Oman. Il est encore peu connu mais je vois son avenir. Dans cinq ans, vous verrez. Il a du talent.

Avez-vous des photographies au mur chez vous ?

Dans ma chambre, j’ai une photo de Marti Becca et une de Gonoviva. Et dans la maison… Mon père adore les portraits, en fait. Je réalise ça en vous parlant. Il collectionne des portraits de famille. Vous voyez, comme moi, il aime la photographie. Je dois le lui dire ! (elle rit) Il y a 20 ans, un photographe anglais connu a fait des portraits de mes parents et c’est sans doute l’un des meilleurs de mon père. Il l’adore.

Travaillez-vous à d’autres projets ?

Nous planifions d’ouvrir une école de photographie. Ce sera un centre dédié à la photo dans DIFC, The gate village.

Avez-vous des rêves pour Dubai et la région ?

Je suis fière d’être originaire d’ici. C’est une industrie en progrès. Dans tous les domaines. Je le vois. Le gouvernement fait de son mieux pour nous rendre heureux et travaille dur pour cela. Les gens d’ici aiment leur gouvernement et Sheikh Mohammed est comme un père pour nous. Vous savez sur ma table de nuit j’ai une photo de Sheikh Hamdan bin Mohammed Al Maktoum et de Sheikh Mohammed comme des membres de ma famille. Vous ne trouverez cela nulle part ailleurs dans le monde. Nous l’aimons. C’est un donneur. Il est très généreux. Sheikh Zayed et Sheikh Rashid ont enseigné à aimer le peuple. Dans la vie, souvenez-vous de cela : si vous dites les choses avec le cœur, elles atteindront le cœur ; si vous dites les choses avec la bouche, elles atteindront l’oreille.

Vivez-vous de façon traditionnelle ?

Les traditions sont importantes. Nous vivons ainsi. Ce matin, j’ai pris mon petit déjeuner, assise par terre. C’est important de garder sa personnalité. Et c’est ce que les gens cherchent. Si vous allez au Japon ou en Chine, ce qui vous intéresse c’est de découvrir leur traditions sinon on trouve des Starbucks partout.

Quelle est la ville de vos rêves ?

Sheikh Mohammed transforme nos rêves en réalité. Il va au delà de nos rêves. Que peut-on vouloir de plus ?

Avez-vous vécu à l’étranger ?

Non. J’ai passé quelques mois à l’étranger mais je n’ai jamais vécu ailleurs.

Votre endroit préféré ici ?

J’aime la vue sur la mer depuis le Jumeirah Beach Hotel.

Comment vous ressourcez-vous ?

Je rentre chez moi, dans ma chambre. Je me retrouve et je médite. Je suis très spirituelle. Si je suis triste, par exemple, Je regarde vers le haut, et je suis convaincue qu’Il va me sauver.

La galerie expose actuellement le travail de Marc Riboud

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Un rêve de petite fille devenu business florissant: le Hello Kitty Beauty Spa

Publié le par Kyradubai

Un rêve de petite fille devenu business florissant: le Hello Kitty Beauty Spa

Assise dans son Hello Kitty Beauty Spa aux faux airs de boudoir façon Marie-Antoinette, Fatima Sharaf, fondatrice et directrice de ce salon de beauté unique au monde, décrit comment lui est venue cette idée originale qui n’en finit pas de séduire les petites princesses et leurs mamans. Elle parle aussi de sa famille qui a donné naissance au Groupe Sharaf, un nom réputé à Dubai et de ses derniers projets. INTERVIEW.

Comment vous est venue l’idée d’un Salon de beauté Hello Kitty, un rêve de petite fille?

J’ai eu cette idée il y a longtemps. Je suis allée voir mon frère Yasser, qui dirige Sharaf Retail, avec cette idée d’un spa pour enfants and il m’a dit «oui, c’est une bonne idée» mais c’était tout. Quelques mois plus tard, il m’en a reparlé et m’a dit «j’ai joué avec ton idée. Je te propose la même chose mais avec la marque Hello Kitty». Il voulait développer Hello Kitty au delà de la vente au détail. Nous avons fusionné nos deux idées et Hello Kitty Beauty Spa est né.

C’est le premier et le seul au monde?

Oui, nous avons la licence de Sanio Japon pour les marchés mondiaux. Si qui que ce soit veut ouvrir un Hello Kitty Beauty Spa, ils doivent passer par nous.

Comment se porte le Spa?

Ça marche du tonnerre. Je ne pensais vraiment pas que ça marcherait à ce point. En même temps, si vous regardez partout dans le monde il y a un grand retour de Hello Kitty.

Cela titille notre côté nostalgique et c’est à la mode en même temps?

Exactement. Cela nous ramène à notre enfance. Et les enfants d'aujourd hui l’aiment aussi.

C’est le fameux kawaii japonais?

Oui exactement, c’est mignon.

Quelle est votre clientèle?

Surtout les enfants. Ici nous les appelons des Princesses. Les plus jeunes ont un an. Nous leur faisons leur première coupe avec un certificat avec une mèche de cheveux. Nous utilisons des produits purs, totalement surs. Nous avons du vernis organique. C’est notre politique de sécurité. Nous avons des vernis Hello Kitty mais aussi OPI et Essie. Les filles les aiment parce qu’elles veulent qu’on les traitent en adultes. Elles veulent être comme leurs mères (ndlr: les Reines). Elles s’assoient dans les mêmes fauteuils et choisissent, elles aussi, leurs gommages et le parfum de la mousse. Nous ne leur limons pas les ongles mais nous les gommons et les soignons.

J’ai ouï dire que vous avez insisté pour apprendre tous les rudiments du métier. Vous avez même fait un stage dans les règles de l’art avec une coiffeuse française, Sandrine Bertrand?

Elle m’a donné du fil à retordre! Elle m’a fait faire shampoings après shampoings. J’en ai fait pendant un mois presque tous les jours. De très longues heures. Vous seriez surprise: j’ai du personnel qui a plus de 15 ans d’expérience mais le shampoing c’est fondamental. La position, la pression, un lien s’établit avec le client même au bac. Les gens pensent qu’il s’agit juste de shampoing mais c’est faux. Et je ne veux pas que mon personnel accomplisse des actes dont je n’ai pas fait l’expérience. Si ils mélangent la couleur, je dois savoir le faire aussi. S’ils font une coupe, je dois pouvoir vérifier qu’ils le font bien. Surtout lorsqu’il s’agit d’enfants. Le plus important: je veux que mes employés sachent comment traiter une Princesse. Quand ma fille était plus jeune, j’avais un problème. Il existait des salons soit pour les petits mais ils n’avaient aucune notion de style, soit pour les adultes mais ils ne savaient pas comment traiter les enfants.

Vous avez donc une fille?

oui, elle a dix ans.

Elle vous a inspiré pour le Spa?

Oui elle m’a toujours donné des idées. Chaque fois qu’elle vient, elle fait des remarques. «Maman, le client n’était pas très content. Tu devrais y aller et lui dire...» Et elle veut toujours mettre la main à la pâte. Elle propose des idées nouvelles. Notre logo par exemple: nos tables et miroirs étant ovales, elle m’a dit «pourquoi ne prenons pas cette forme pour notre logo?» J’en ai parlé au graphiste. Le bac à shampoing était trop petit? «Maman, les filles le préfèrent plus grand»...

Elle fait vos études de marché?

En quelque sorte! Elle aide beaucoup. Son nom est Rhoda qui veut dire jardin et paradis en arabe.

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre famille?

Mes grands parents paternels et maternels étaient commerçants comme tous les Dubaiotes. Le Groupe Sharaf a démarré grâce à deux frères il y a presque 40 ans: mon père Sharafuddin Sharaf et mon oncle Ibrahim. Ils ont commencé dans le commerce maritime dans les années 70, puis l’immobilier, puis doucement la vente au détail et aujourd’hui nous avons 60 entreprises et plus de 5000 employés dans le monde.

Qelles valeurs vous ont-elles été transmises?

Mon père m’a appris les affaires: le client a toujours raison. Si les clients ne sont pas satisfaits, alors il n’y a plus de business. C’est ce que je dit à mes employés. En tant que cliente, mon but est que vous soyez heureuse. Tant que vous ne serez pas heureuse, vous ne partirez pas.

Votre éducation était axée business?

On pense toujours business. A chaque fois qu’on voyageait, où qu’on aille, mon père parlait de toutes sortes d’affaires ou cherchait les opportunités. Il reste toujours à faire dans ce qui exste déjà et parfois quelque chose de neuf à construire.

Quel est votre parcours?

J’ai étudié la lingistique à King Saud University en Arabie Saoudite. J’ai ensuite rejoint le Groupe Sharaf alors qu’ils ouvraient le premier magasin en 1985. Ils étaient dans les affaires depuis 30 ans mais pas dans la vente au détail. Leurs principaux centres d’activité étaient le transport maritime et l’immobilier. J’ai commencé en bas de l’échelle au département marketing comme n’importe quel autre employé. Je n’avais aucune expérience et mon père tenait à ce que je parte de la base.

Cela fait partie de votre philosophie familiale des affaires?

Enfants, nos vacances scolaires n’ont jamais été de vraies vacances. Nous passions un mois à aller au bureau et à apprendre des choses. Ensuite, seulement, nous avions droit aux vacances. J’ai donc travaillé là quelques années jusqu’à ce que je me marie et que j’aie ma fille. J’ai arrêté pour être avec elle à la maison mais là aussi, j’avais des affaires personnelles. Entre deux, j’ai aussi enseigné l’anglais à l’école Sara de Rashadie. J’adorais enseigner mais après deux ans j’ai voulu passer plus de temps avec ma fille et la préparer pour l’école. J’ai monté ma boîte de stylisme et une boutique. Puis, j’ai à nouveau rejoint le Groupe Sharaf lorsque ma fille a commencé l’école.

Qu’avez-vous appris en allant faire vos études à l’étranger?

Etudier à l’étranger- j’ai fait une licence en Arabie Saoudite- m’a appris à devenir indépendante. J’avais 17 ans. C’était un pays difficile à vivre, très dfférent de Dubai. A l’époque, c’était un monde d’hommes. Aujourd’hui c’est différent. Ici nous ne devions pas nous voiler, c’était un choix. Là bas vous y étiez obligées. Maintenant c’est autre chose que lorsque j’y ai étudié.

Pourquoi choisissez-vous de vous voiler?

Cela facilite la vie. Vous n’avez pas besoin de réfléchir à ce que vous allez porter. Et cela fait partie de notre identité, de notre religion. Cela permet aussi de rester modeste. Et dans une perspective masculine, c’est une marque de respect vis à vis de la famille. Pour moi c’est aussi une manière de ne pas me soucier de ce que les gens pensent de moi. Dans ma famille, nous sommes assez conservateurs, tradionnels. A la puberté, vous portez votre sheila et votre habaya et durant les fêtes, nous ne nous asseyons pas ensemble. C’est ainsi.

Vous avez une très belle habaya, très originale?

Merci. Je dessine mes propres habayas. Je déniche un tissu, je le stylise, le développe.

Aviez-vous un rêve de Princesse?

Je voulais être styliste ce que j’ai été un temps. Je voulais étudier le stylisme mais à l’époque mes professeurs et mes parents n’aimaient pas trop cette idée. Ils m’ont conseillé d’obtenir une vraie licence et de faire du stylisme à côté. Si tu as du talent, tu n’as pas vraiment besoin d’en faire tes études, me disaient-ils. Et je crois réellement à cela. Avec le temps, je crois qu’ils avaient raison.

Aimiez-vous Hello Kitty étant petite fille?

Il y avait un magasin au Gurair Mall à Deira. C’était l’un des plus grand centre commerciaux à l’époque. Chaque Eid, nous recevions un peu d’argent et, pfff, nous allions chez Hello Kitty. Le magasin s’appelait My Melody. J’adorais leurs gommes. Elles étaient parfumées et j’en étais folle. Et c’est drôle car ma fille les collectionne. Tout le monde aimait Hello Kitty, ici à Dubai.

Comment était Dubai à cette époque?

Nous jouiions beaucoup en plein air. C’était très sûr, toutes les portes étaient ouvertes. Nous passions notre vie dehors dans le sable, à vélo.

Viviez-vous dans le désert?

Dubai était un désert. Nous avons toujours vécu à Jumeirah. Vous savez, tout le monde vivait à Deira ou Bur Dubai en ce temps là et pensait que nous étions très loin, là bas, dans le désert. Il n’y avait pas d’immeubles à JBR à part le Méridien. Les gens disaient qu’on ne pouvait pas aller à Jumeirah, c’était trop loin dans le désert. Mais nous vivions dans des maisons en dur avec l’eau courante, l’électricité et tout. Mais nous allions beaucoup dans le désert et nous continuons à y aller. Quand il pleut, tous les locaux sautent dans leur voiture et rejoignent le désert. Comme la pluie est rare, nous en profitons. Nous allons dans le désert le plus possible. C’est encore de la nostalgie.

Que pensez-vous de Dubai aujourd’hui?

Je suis fière de ce que Dubai est devenue. C’est un peu rapide pour moi. Nous admirons tous Sheikh Mohammed. Nous avons tous appris de lui. Lorsqu’il dit que «Rien n’est impossible», je le crois, J’aime aussi le vieux Dubai. J’ai l’impression que c’est allé trop vite. J’aime le résultat mais ça a été trop rapide. C’est incroyable mais pour nous de saisir ce qui s’est passé... C’est impossible de bâtir une telle ville en si peu de temps. Personne ne le peut: c’est extraordinaire. Une chance ne se présente qu’une fois. C’est la leçon à tirer, là sous nos yeux. Saisissez-la et pensez ensuite!

Comment préservez-vous votre culture?

La proximité est dans notre nature, se connaître les uns les autres et l’hospitalité. Tout cela nous réunit tout le temps. Nous sommes comme une grande famille, nous les locaux. Et les expatriés qui arrivent, nous les traitons comme nous nous traitons entre nous. Nous préservons cet héritage et notre culture. Tout se déroule harmonieusement. En dépit de cette modernité, vous constaterez que nous sommes tous connectés, attachés à notre culture et à nos croyances. Notre religion nous enseigne cela. Nous sommes de bons croyants et c’est aussi comme cela que nous préservons notre culture. Nous transmettons cela à nos enfants. En retour, les enfants observent la façon dont nous réagissons et notre mode de vie. C’est une roue. Ils feront de même avec les leurs.

En tant que femme d’affaires comment trouvez-vous le temps de transmettre tout cela à vos enfants? Leur enseignez-vous l’arabe?

Oh oui ma fille parle l’arabe, l’anglais et le français. J’ai aussi appris ces langues à l’école. Les langues ne doivent pas constituer une barrière. Dubai étant une ville internationale riche de toutes ces cultures, c’est une opportunité de les découvrir. Le monde est ici. Dans la classe de ma fille, il y a de nombreuses cultures et nationalités et c’est l’occasion de les connaître. Récemment, ils ont célébré la fête indienne de Diwali. Je crois qu’il es important de s’intéresser aux religions et aux cultures des gens qui nous entourent. C’est bien d’avoir des connaissances, cela ne peut pas faire de mal. J’aime ça. Nous pouvons tous vivre ensemble et apprendre les uns des autres.

On sent une grande hospitalité, ici, dans votre spa. Vous avez travaillé là dessus?

Il y a un endroit où s’asseoir, comme un salon. Je veux que les gens viennent, s’assoient, regardent la télé et prennent leur temps sans forcément être consommateurs. C’est très confortable, décontracté... Comme à la maison! Après votre soin, vous pouvez rester le temps que vous voulez. Nous avons un karaoké. Les enfants chantent. Cette notion d’hsopitalité est très importante. Vous devez vous sentir à l’aise, heureux, relax dans un bel environnement sécurisé. Il s’agit toujours de la satisfaction du client.

Vous avez des projets?

Nous travaillons sur le développement de la franchise. Ce sera prêt dans les mois qui viennent. Nous prévoyons deux nouveaux spas à Abu Dhabi. Nous avons été approchés par House of Frazer et par Abu Dhabi Mall. Nous introduisons également de nouveaux soins comme des massages etc. J’ai fait beaucoup de recherches mais on apprend aussi avec l’expérience.

Vous allez vite?

Pas autant que je le voudrais. Je ne suis pas patiente. Je suis ambitieuse.

Travaillez-vous avec votre frère Yasser Sharaf (Director général de Sharaf Retail)?

Main dans la main. Il me demande conseil et moi aussi. Je suis l’ainée.

D’autres projets?

Sanio était si content du Hello Kitty Beauty Spa qu’ils ont décidé d’ouvrir un café. Nous y travaillons. Je cherche l’endroit idéal.

Qui serait?

Idéalement? En face des fontaines du Dubai Mall! Je voudrais un endroit fréquenté par les touristes.

Voir aussi le reportage photo:

http://kyradubai.overblog.com/tag/en%20photo/

Pour plus d’infos:

http://hellokittybeautyspa.com/home.php

Pour réserver:

Town Center, Dubai

+971 4 344 9598

bookings@hellokittybeautyspa.com

Ouvert tous les jours de 10am à 9pm

Le Groupe Sharaf

L‘un des plus grands et des plus respectés aux Emirats Arabes Unis.

Détient plus de 60 entreprises dans 6 différents secteurs d’activité: technologie de l’information; transport maritime; vente au détail; immobilier; services financiers; produits de consommation; voyage et tourisme; construction.

Le Groupe a été fondé par deux frères entrepreneurs: Ibrahim Sharaf et Sharaffudin Sharaf, d’origine émiratie.

Le Groupe emploie plus de 2500 personnes en tout.

Les fleurons du Groupe sont: Sharaf Shipping Agency; Sharaf Industries; Sharaf Travels; Sharaf Enterprises; Sharaf Group Retail Division; Sharaf Design and Information Dynamics.

Le Groupe est actif dans plus de 20 pays.

Info: http://www.sharafs.ae/

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Le parcours d'une perle de l'écriture émiratie.

Publié le par Kyradubai

Le parcours d'une perle de l'écriture émiratie.

Salha Ghabesh prend place sur le stand de Kalimat, la maison d'édition de Sheikha Bodour, spécialisée dans les livres pour enfants des Emirats arabes unis et de la région, et il ne reste plus une place au sol. Une nuée de petites filles se sont accroupies pour l'écouter raconter la dernière de ses histoires, celle du "Voyage de Dana". Elle remet en place son sheila vert et commence à lire. Malgré le bruit de fond des multiples animations du Salon du Livre de Sharjah qui n'en finit plus d'attirer des visiteurs, Salha parvient à capter l'attention des élèves de huit ans.

Dana est une petite perle dont le rêve est de se retrouver un jour portée par une belle princesse. Elle se confie à ses autres amies perles. Un beau jour, un pêcheur la prend dans ses filets et c'est ainsi que Dana, jolie perle blanche et brillante, voit son rêve exaucé.

Salha demande à son public si elles ont des amies ou des soeurs qui s'appellent Dana? "Moi, moi...", répondent certaines d'entre elles. "Mais savez-vous ce que cela signifie?" C'est un type de perle de la région... Ainsi Salha et son histoire illustrent à merveille le but de Kalimat qui est de publier des histoires ancrées dans la culture locale. Cette année la maison a publié "My Own Special Way" de Maitha Al Khayat, l'histoire d'une petite fille dont l'ambition est de revêtir le hijab comme sa grande soeur ou "My Mother's Job" qui raconte la vie de l'historien et voyageur local Ibn Battuta.

C'est la deuxième année que Salha publie chez Kalimat. En 2011, elle présentait "Baba Zayed", Président des Emirats Arabes Unis, sa vie enfant et comment il devint un leader. "Ce fut un véritable honneur pour moi lorsque Sheikha Bodour, fondatrice de Kalimat et fille du Sheikh de Sharjah, m'a demandé d'écrire pour sa maison d'édition," raconte Salha qui a toujours voulu devenir écrivain. “«Enfant déjà, être lectrice ne me suffisait pas, je voulais devenir écrivain. J’imaginais déjà d’autres histoires à partir de celles que je lisais. J’aime être dans mon monde personnel. Je préfère donner que recevoir, voilà pourquoi j’ai voulu écrire," explique-t-elle. Et depuis 1992, date de ses premiers poèmes, elle a déjà plublié un roman, des nouvelles, des tragédies, des livres pour enfants et elle est aussi rédactrice de Marami, un magazine qui traite des problèmes que rencontrent les femmes dans la communauté. Elle est directrice de l'Association des écrivains locale et à la tête du Bureau de la culture et des media du Conseil suprême pour les affaires familiales de Sharjah. Elle se fait ainsi avocate de la défense de la culture. "Par exemple, notre gouvernement a mis en place un congé maternité de deux mois pour les femmes mais aussi leur permet de conserver leur place en congé sans solde une année afin de rester plus longtemps avec leurs enfants. Car malgré leurs compétences, les nurses étrangères ne transmettent pas notre culture, notre langue et nos traditions. Des crèches ouvrent aussi dans les administrations afin d'aider les femmes employées par le service public et leur donner la possibilité de voir leurs bébés durant les pauses par exemple," explique-t-elle. Salha est décidément une excellente ambassadrice de la culture de son pays, l'une de celles choisie cette année pour représenter Kalimat à l'étranger: une vraie perle.

Voir le photo reportage sur Salha:

http://kyradubai.overblog.com/tag/en%20photo/

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Rencontre avec Sheikha Bodour, éditrice et fille du ruler de Sharjah

Publié le par Kyradubai

Rencontre avec Sheikha Bodour, éditrice et fille du ruler de Sharjah

Assise au milieu de la rumeur du 31ème Salon International du Livre de Sharjah qui se tient du 7 au 17 novembre au Centre d'Exposition de l'Emirat du même nom, Sheikha Bodour bint Sultan Al Qasimi, raconte comment a commencé sa passion pour les livres. Les yeux pétillants, savourant un lugaimat et une tasse de thé, cette ravissante entrepreneuse de 35 ans ne se lasse pas de voir combien les histoires qu'elle publie réjouissent son jeune public. Sa maison d'édition, Kalimat, spécialisée dans la littérature jeunesse en arabe, a maintenant cinq ans et vient de devenir membre de l'Association Internationale des Editeurs (IPA). INTERVIEW.

Comment vous est venue l'idée de promouvoir ainsi le livre aux Emirats Arabes Unis?

Cela a démarré il y a sept ans. Ma fille avait trois ans et je commençais à lui lire des histoires, entre autre, avant d'aller dormir. Mais elle sentait que je manquais d'enthousiasme envers ces livres qui étaient à disposition. Comme je ne les aimais pas, automatiquement, elle ne les aimait pas non plus. J'ai commencé à me demander où étaient les livres émiratis sur notre culture, nos histoires, notre peuple, nos traditions. J'ai demandé aux mères autour de moi et j'ai constaté que tout le monde se posait la même question et éprouvait la même frustration. Alors j'ai commencé avec quelques livres en me disant "on verra" et c'est comme ça que tout a commencé. C'était en 2007. On a débuté avec cinq livres à Kalimat et ce fut un succès immédiat! Tout le monde s'est accordé à dire que nous avions capté un marché qui était dormant depuis longtemps. Nous avions besoin que ces histoires voient le jour. Et aujourd'hui, nous avons 100 titres, beaucoup d'auteurs et d'illustrateurs émiratis.

Publiez-vous uniquement en arabe?

Depuis le début, oui, nous publions uniquement les livres en arabes. Nous achetons quelques livres traduits mais 90% de notre contenu est local. La raison pour laquelle nous achetons est d'intéragir avec d'autres éditeurs, de développer notre réseau et aussi afin d'ouvrir des portes à nos écrivains locaux. Par exemple le "YA market" (Young Aduls market), le marché adolescent, était très peu développé et nous avons décidé d'acheter et de traduire afin d'encourager nos écrivains en les persuadant qu'il existe un marché pour ce genre de livres- Et aujourd'hui, nous avons des auteurs spécialisés dans ce domaine aux Emirats Arabes Unis. Donc c'est positif et nous allons de l'avant.

Et comment les livres sont-ils accueillis par les enfants? J'imagine que vous vivez cela aussi à travers les yeux de votre fille...

J'ai trois enfants à présent et ils ont grandi avec les livres de Kalimat. On peut voir un changement dans notre culture de la lecture. Avant il s'agissait plus d'apprendre des livres, les histoires devaient être éducatives. Ajourd'hui c'est plus récréatif et les enfants ont du plaisir à lire les histoires. Et le fait qu'ils y trouvent du plaisir les pousse vers les livres. Même s'ils n'apprennent pas aussi directement cela crée un lien entre eux et le livre.

Cela leur procure le goût de lire?

Oui et c'est le début de nombreuses initiatives. Il y a de plus en plus de nouveaux écrivains et d'illustrateurs talentueux. Nous avons aussi lancé le UAE Board on Books for Young People dont je suis la Presidente ici. C'est une organisation qui réunit l es écrivains, les professionnels en général intéressés par les livres pour enfants. Nous avons de nombreux ateliers pour les libraires, les illustrateurs et les écrivains. Et des ambassadeurs. Salha Ghabesh (voir le photoreportage sur Salha Ghabesh, auteur de livre pour enfants. Son dernier ouvrage est "Le voyage de Dana") est une de nos ambassadrices cette année. Ces ambassadeurs sont nos joyaux. Ce sont nos écrivains et nos illustrateurs qui représentent les Emirats dans les conférences internationales et nous les impliquons dans les communautés locales afin de promouvoir la culture du livre et le goût pour la lecture auprès des enfants et d'autres publics.

Vous avez du être le témoin d'un grand changement au niveau du public et de la fréquentation depuis 31 ans que ce Salon du livre existe?

J'ai grandi avec ce Salon du livre. J'aurais 35 ans le mois prochain et depuis que j'ai trois ans je suis venue chaque année. Je me souviens qu'il avait lieu dans une tente et maintenant c'est un hall énorme! C'est devenu un véritable trésor national. Les gens pensent à Sharjah et à son Salon du livre. Nous en sommes vraiment fiers ici.

Quand vous pensez à Sharjah alors que vous étiez petite fille et l'Emirat tel qu'il est aujourd'hui, qu'est ce qui vous vient?

Ça reste familier et c'est vraiment important. Vous savez cette impression que l'on ressent lorsque l'on quitte un pays et que l'on y revient et qu'on ne le reconnait pas... On ne se sent plus connecté à cet endroit. Pour moi, Sharjah reste familier. Il y a de nombreux aspects culturels à Sharjah: les monuments, l'architecture, un ville islamique, on se sent au moyen-Orient.

Vous avez d'ailleurs fait des études en anthropologie à Cambridge et UCL. Qu'avez-ressenti loin de votre pays?

J'ai choisi cette matière car j'aime les gens et et j'aime découvrir d'autres cultures.

(Sheikah Bodour s'interrompt une minute afin de savourer un lugaimat, une sorte de petit beignets trempé de miel et parsemé de graines de sésame, qui se marie admirablement avec l'amertume du thé.)

Nous avons un livre sur les lugaimat. Nous le sortons le 13 novembre, "When the Camels Craved Dumplings". C'est une boulette de pâte typiquement émiratie et le livre raconte l'histoire de ce chameau qui adorait les lugaimats. L'auteur est émirati et durant le lencement de son livre nous en servirons sur le stand!

Pour en revenir à mon arrivée à Cambridge, cela a été un grand choc culturel. J'avais 18 ans et nous n'étions pas aussi cosmopolite. Il n'y avait pas autant d'étrangers qu'aujourd'hui, ici. Il a fallu que je m'adapte à un nouveau pays, une autre culture, mais c'était la meilleure expérience de ma vie. Cela m'a façonnée en tant que personne et m'a définie.

Les livres que vous publiez gravitent tous autour de la culture émirati et l'identité?

Oui car si vous réféchissez à notre pays, nous sommes très jeunes et très ouverts à de nombreuses nationalités et pays et les enfants qui grandissent ici sont très imprégnés par d'autres cultures, ce qui est formidable. Cela les rends ouverts et instruits mais il faut aussi garder une forte identité. Pour qu'un enfant développe son estime de soi et une bonne connaissance de soi-même, il doit savoir se situer, d'où il vient, qui il est. Et à travers ces histoires, on peut les rendre de fiers de ce qu'ils sont et d'où ils viennent. Et ils peuvent exporer, voyager n'importe où dans le monde mais ils sauront qui ils sont véritablement, au fond d'eux-mêmes.

Réagissent-ils différemment aux histoires locales, traditionnelles?

oui, je crois. Ils se reconnaissent dans les livres, peuvent s'identifier aux personnages, à l'environnement, aux mots, à beaucoup de choses. Et c'est important.

Ecrivez-vous?

Oui mais je ne publie rien car on est plus critique envers soi-même qu'envers les autres et je suis très critique sur tout ce que j'écris mais j'espère que l'année prochaine une partie de mon travail sera publié.

Votre père, Son Altesse Sheikh Dr Sultan bin Mohammed Al Qasimi, Membre du Conseil Suprême et Ruler de Sharjah, écrit n'est-ce pas?

Oui il est poète, historien et dramaturge.

Il vous lisait des histoires?

Oui, nous avons grandi au milieu des livres. Durant des années et des années, il nous a raconté des histoires datant de son enfance. Et nous l'avons supplié de les mettre sur papier car sinon elles seront perdues. Nous l'avons poussé à écrire ces histoires et maintenant il a écrit tellement de livres. Il en sort un chaque année. Ces histoires personnelles sont très importantes, elles nous façonnent. Il a eu une vie passionnnante.

Quel est l'écrivain ou les écrivains que vous affectionnez particulièrement?

Le poète perse Jalāl ad-Dīn Muhammad Rūmī. J'aime beaucoup ses poèmes, je les lis régulièrement.

Pour info: le site de Kalimat

http://www.kalimat.ae/

KyraDubai

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