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A la découverte de la jeune scène artistique féminine de Dubai

Publié le par Kyradubai

A la découverte de la jeune scène artistique féminine de Dubai

Sunny Rahbar vit depuis toujours à Dubai. Iranienne d’origine, elle a monté avec son associée Claudia Cellini, l’une des premières galeries d’art de la ville, The Third Line, dans un quartier industriel qui a maintenant pignon sur rue, al Quoz, véritable pouls artistique de la capital. The Third Line était présente à la FIAC et à la FRIEZE de Londres cette année. En dressant pour nous le portrait de quelques artistes émiraties et de leur travail, Sunny donne à voir un aperçu parlant de la scène locale émergente et ses tendances. INTERVIEW

Comment a commencé cette démarche consistant à dénicher les artistes locales et les accompagner dans leur travail ?

Lorsque je suis revenue à Dubai en 2001 après mes études, je me suis posée cette question « où sont les artistes ? » et j’ai entrepris de les trouver. Il n’y en avait pas beaucoup et très peu de galeries aussi. Et j’ai rencontré ces artistes émiratis dont je vais vous parler. Bien sûr, il existait la vieille génération mais nous voulions dénicher les jeunes talents. Nous avons toujours voulu découvrir les jeunes artistes et les couver.

Pourriez-vous présenter votre artiste Lamya Gargash et son travail ?

Elle a trente ans. Elle vient d’une importante famille de commerçants de Dubai. Son travail s’inscrit vraiment dans sa recherche d’identité and le sentiment de perte d’identité. Beaucoup d’artistes de la nouvelle génération s’intéressent à ces thèmes du fait que la ville et le pays ont évolué si vite. Et leur culture est mise en danger. En raison des influences étrangères, leur culture est en passe de perdre son intégrité. La jeune génération essaye d’évoluer avec ces changements mais ils ont aussi des parents traditionnels. Ils sont déchirés entre ces deux mondes. Surtout les filles et les femmes et elles se concentrent donc sur cette perte d’identité, la culture en général et le changement rapide. Ce qui est intéressant c’est que la plupart utilisent la photographie comme moyen, qui est aussi un media rapide. Si vous voulez saisir quelque chose qui change vite, c’est l’outil parfait.

Par exemple, comment avez-vous vu évoluer Lamya Gargash ?

Lamya a eu la chance d’étudier à l’étranger. La plupart ont des parents très conservateurs qui ne les laissent pas le faire. Elle vient d’une famille très traditionnelle mais ouverte d’esprit. Elle a fréquenté l’Université américaine de Sharjah où elle a étudié la photographie. Ils ont un très bon niveau pour les Beaux arts et les arts visuels. Diplômée, elle a ensuite été accepté à l’excellent Central Saint Martin’s College de Londres. Et cette expérience lui a ouvert les yeux sur un tout nouveau monde. Elle a obtenu son MFA (Masters in Fine Arts) avec pour média principal la photo. C’est intéressant de voir comment son travail a évolué avant et après ce séjour à l’étranger. Avant cette expérience en Grande Bretagne, elle avait travaillé sur une série de portraits : des gens qui tenaient des masques devant leurs visages. Ce sont de très belles photos. Elle se concentrait beaucoup sur l’apparence extérieure. Après son retour, son style a changé. Elle a probablement été influencée par ses professeurs et ses camarades. Elle a travaillé sur une série d’intérieurs. Cette fois, elle s’est intéressée à ce qui se passait en intérieur plutôt que ce qui se voit à l’extérieur. Son travail décrit des maisons et des lieux abandonnés par les locaux. C’est très commun ici de laisser sa maison et tout derrière soi, toutes ses affaires et partir ailleurs. C’est comme un instinct bédouin. Ils ne partent pas forcément loin mais ils laissent tout de même un tas de choses. Parfois, d’autres gens, comme leurs employés de maison, occupent ces espaces désertés. Nous avons publié un livre sur ce travail qui s’appelle « Presence », sa thèse sur le projet réalisé entre 2006 et 2007.

C’est assez exceptionnel de donner à voir l’intérieur de maisons émiraties ?

C’est un projet très révélateur sur eux. Elle a tourné les projecteurs sur ces endroits que la plupart des gens ne voient pas, ne verront jamais. Vous savez comme les Emiratis protègent leur vie privée en tant que culture. Ce n’était pas la norme que Lamya publient tous ces documents sur ces endroits à Sharjah, Dubai ou Abu Dhabi. C’est vraiment un vrai travail documentaire sur leurs modes de vie et cela nous en donne un aperçu très original. Souvent, il reste dans ces lieux désertés quelques objets, un lit, un tableau, un jouet… L’endroit leur appartient toujours. Ce sont des atmosphères étranges qui donnent à imaginer ce qui était là mais ne l’est plus.

Sur quoi Lamya a-t-elle travaillé ensuite ?

Elle s’est mise à photographier des hôtels 1 étoile. Son projet s’appelle « Familial Series ». Vous savez comme à Dubai tout le monde fait la course aux étoiles : moi j’en 7 et moi 8 etc… Elle photographie des chambres vides et impersonnelles de ces hôtels modestes dans lesquels elle laisse une photo familiale personnelle. Ce travail met en opposition ce qui s’est probablement passé dans ces chambres mais qu’on ne voit pas et le vide qui entoure ces images très personnelles, familiales. Elle s’est à nouveau concentrée sur elle-même. Cela montre aussi un contraste total entre leurs origines et ce que Dubai est devenu. Les locaux sont bouleversés par ce changement rapide et les artistes y répondent et essayent de souligner ce qui s’est passé et ce qui a changé.

Sa carrière a décollé lorsqu’elle a été choisie pour représenter les Emirats Arabes Unis à la Biennale de Venise ?

Oui elle était l’artiste principale du premier pavillon émirati en 2009. Cela l’a rendue très célèbre. Je lui ai d’ailleurs dit de faire une pause à la suite de la Biennale et de réfléchir à la direction qu’elle voulait prendre comme artiste et à ce qui la préoccupait. Et elle revenue avec ce projet incroyable sur les insécurités physiques que nous avons tous. Elle a trouvé cet ingénieur en prothèse qui travaillait au Rashid hospital. Lui aussi a fait des études artistiques. Elle a lancé un appel auprès de ses amis pour identifier leurs plus grandes insécurités. Elle les a emmenés chez ce médecin et ils ont recréé les parties de leurs corps qui les déstabilisait. Mais au lieu d’arranger le problème, son idée était de l’exagérer. Ils ont créé des prothèses pour chacun des personnages et pris une photo avant et après avec la prothèse. C’est un diptyque chaque fois. Elle a dépensé tout ce qu’elle avait pour réaliser les prothèses qui coûtaient très cher et les photos. C’était encore une fois un projet sur le soi. Cela m’a rappelé un peu le travail de Cindy Sherman et je crois que ce projet est très contemporain.

Quelles autres artistes avez-vous découvert durant ces années ?

Ragdha Bukhash, une jeune femme très prometteuse de style plutôt « pop art ». Sa ligne de mode s’appelait Pink Sushi. Elle prenait des photos très colorées de la ville et faisait des expériences photographiques en utilisant plusieurs appareils et double exposition. Elle était très forte techniquement. Elle ajoutait des produits qui n’existent plus dans ses photos : des produits d’ici qu’on trouvait quand on était enfants. C’est encore un travail autour de la nostalgie. Ces artistes sont souvent partagés entre leur envie de se souvenir du passé et celle d’embrasser l’avenir.

Nous avons aussi découvert Amna Alzaabi, une illustratrice très talentueuse. Le catalogue de l’exposition s’appelait « Hyper-Real ». Elle a créé des photos digitales d’un monde imaginaire mélangeant des éléments contemporains et des objets faisant référence au passé. On y voit des dromadaires, des palmiers et au milieu un jeune type cool, symbole de la nouvelle génération. Le texte sur la photo dit « il était une fois… » Elle utilise des motifs empruntés à la tradition mais dans un environnement moderne.

Et vous exposez Ebtisam Abdulaziz, qu’est ce qui la rend originale ?

Ebtisam qui est exposée en ce moment est à cheval entre la vieille et la jeune génération d’artistes émiratis. Mais c’est une artiste très indépendante qui ne veut pas appartenir à une clique. Et elle a aussi un style très particulier car elle a étudié les mathématiques et cela se ressent dans son art. Elle est aussi obsédée par sa personne mais de façon documentaire. Elle documente sa propre vie. Elle vient d’un milieu très conservateur en plus des restrictions sociales auxquels tous les artistes sont exposés. Son travail est très codé. Comme si elle ne voulait pas vraiment que le public ne le comprenne. En même temps, elle expose et veut que les gens le sachent donc elle navigue dans cette dichotomie. Beaucoup de son travail est de la performance donc c’est une fois encore un peu schizophrène comme démarche puisque les Emiratis sont culturellement très « privés ». Comme si elle voulait crier quelque chose mais qu’elle ne le pouvait pas. Elle a ses obsessions. Son travail peut faire penser au mode de fonctionnement d’une personne avec des déficits d’attention. Elle est très introspective.

Comment vous est venu l’idée de montrer ses petits croquis, tous vendus d’ailleurs ?

Un jour alors que nous étions en meeting, je la voyais dessiner sur son calepin. Je lui ai demandé ce qu’elle faisait et elle m’a expliqué qu’elle faisait ça tout le temps comme un passe temps. Elle dessine des codes. Elle m’a dit que ce n’était qu’un petit bloc notes mais j’ai vu qu’il était rempli de ces petits dessins codés. C’est là que je lui ai dit que la démarche était intéressante en soi et que nous avons décidé de les exposer. Elle ne réalisait pas du tout que c’était de l’art. Elle a aussi réalisé ces tableaux qui sont comme un assemblage de dominos qui sont en fait, codées, les plaques de voitures qu’elle a croisées lors de différents voyages par exemple à Sharjah.

Qu’est ce que vous diriez de l’évolution de cette nouvelle génération ?

Les choses changent. La nouvelle génération a bénéficié de l’influence de la précédente et ils ont plus confiance dans le fait qu’ils peuvent devenir artistes et exposer leurs œuvres. Le gouvernement les soutient aussi beaucoup en créant des résidences d’artistes et soutenant financièrement les résidences à l’étranger. Il en existe ici à Bastakia ou Tashkeel. Et puis, il y a Art Dubai bien sûr, qui a commencé 2006. Déjà sept ans ! Cette foire a changé la dynamique de l’art ici. Ils ont fait venir d’importantes galeries internationales et des collectionneurs. Ce n’est pas seulement la foire mais aussi les ateliers qu’ils ont mis en place. Ce n’est pas qu’une foire commerciale, elle est aussi centrée sur l’éducation et la prise de conscience.

Ces artistes s’auto-censurent-ils ?

Je ne suis pas sûre. Peut-être, peut-être pas. Leur famille et le fait qu’elles les protègent. Mais en même temps pour être artiste il faut être totalement libre sinon cela se ressent dans votre travail. Je crois que la génération qui arrive sera d’autant plus intéressante. Après que la génération d’avant ait ouvert la voie, leur ait montré qu’il était possible d’être artiste et d’être accepté en tant que tel. Ils se sont imposés comme artistes et ont convaincu qu’ils l’étaient. La nouvelle génération a gagné cette liberté et peut aller de l’avant.

Voir aussi les oeuvres dans la rubrique en photo

Plus d’information:

The Third Line

www.thethirdline.com

Al Quoz 3 


Po Box 72036

Dubai, UAE 




Tel: +9714 341 1367


Fax: +9714 341 1369

Ouvert de samedi à jeudi

10 am à 7 pm

Meelas Yadee, Presence, 2005-2006, Lamya Gargash

Meelas Yadee, Presence, 2005-2006, Lamya Gargash

Ferrari Hotel, Familial Series, Lamya Gargash

Ferrari Hotel, Familial Series, Lamya Gargash

Lyan, Diptych 2012, Lamya Gargash

Lyan, Diptych 2012, Lamya Gargash

Sharjah-Abu Dhabi, 2012, Ebtisam Abdulaziz

Sharjah-Abu Dhabi, 2012, Ebtisam Abdulaziz

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Nom de code : C102. Ouverture : imminente

Publié le par Kyradubai

Nom de code : C102. Ouverture : imminente

Article publié pour dubaimadame.com

S’il devait manquer quelque chose à Dubai, ce serait ce genre de lieu : bohème chic peut être, décontracté sûrement, un endroit où Emmanuelle Sawko et Alexandra de Montaudouin, ses créatrices, auraient réussi à y mettre à peu près « tout ce qu’elles aiment ». On y trouverait des bijoux, de la décoration, des accessoires de mode, de l’art et de quoi assouvir sa gourmandise tout en se faisant du bien à l’organisme. La bonne nouvelle, c’est que le Comptoir 102, ouvre ses portes, le 12/12/2012 et c’est là, tout de suite ! Alors courez découvrir ce temple du bon goût dont chaque pièce pousse au ravissement.

Un style chic-confortable

Tout y a été mûrement réfléchi et chacun des objets choisi en connaissance de cause car ils leur plaisent depuis toujours ou ont forcé les portes de leur cœur. On y trouvera de la déco haut de gamme mais pas trop pointue : des marques casual chic « qui ont traversé les époques sans prendre une ride », explique Emmanuelle. Quelques exemples de leurs objets cultes mais passe-partout : canapés et meubles en métal brossé Caravane « pour leur côté intemporel, confortable et beaux partout » -c’est leur plus grosse marque-, vases Tsé Tsé, vaisselle Astier de Villatte, lustres et suspensions Mathieu Challières, luminaires Le Deun « pour la touche épurée comme une sculpture », et foule d’autres objets de curiosité. On y chinera des sacs Delphine Delafon (« le it bag a Paris en ce moment »), V73 et Jerome Dreyfuss, des foulards Epice et Faliero Sarti ou des chapeaux Sensi from Equador. On craquera pour un bijou, un vrai, mais qu’on portera volontiers tous les jours. Vous voulez des noms ? Rosa Maria, Mathilde Danglade, Catherine Michiels, Polder, Pascale Monvoisin, Edderra, Ginette NY, Ines, Hanna Wallmark. Et tout est à acheter : « Tout ce que vous voyez, vous pouvez l’acquérir, » dévoile Emmanuelle. Même la lampe au comptoir ? « Oui, même ça ». Elles se sont inspirées de Merci plus que de Colette mais, pas que.

Un lieu de vie

« L’idée était de créer un lieu de circulation. On organisera des happenings en permanence, » explique Alexandra. Et nos deux conceptrices fourmillent d’idées. Ce pourrait être d’accueillir un designer le temps d’une installation, présenter les œuvres d’un sculpteur à l’ombre de leur jardin, faire venir un coiffeur ponctuel ou un portraitiste… Un lieu de vie où circuleront les amateurs de belles choses. Et leur progéniture, pourquoi pas, puisqu’un espace de jeux verra aussi le jour en extérieur. Emmanuelle et Alexandra ne feront pas galerie mais elles abriteront des éditions d’artistes. Un projet tout à fait confidentiel est en cours mais on vous garde la surprise… En attendant, on y trouve des ouvrages d’art aux éditions Bi Poles, des livres à faire illustrer aux enfants des Super éditions. Mais, chut, on vous dit qu’on ne vous dit pas tout.

Question de mieux-être

Last but not least, C102 –c’est son p’tit nom- ouvrera les portes de sa cantine dès le mois de janvier. Il y sera question de petits déjeuners, déjeuners et goûters, le tout concoctés sur les conseils de leur chef nutritionniste Chris Clark, texan d’origine. « C’était le chef de mon dentiste à Paris, confie Emmanuelle. J’avais son numéro depuis des années parce que je savais qu’un jour je ferais quelque chose avec lui ». Sa cuisine ? La base : des produits organiques et locaux quand c’est possible, le plus possible. Le mot d’ordre : équilibre. S’il fallait cataloguer : entre macrobiotique et santé. « On travaillera avec des graines, des farines complètes, des produits non raffinés, » explique Emmanuelle. « Du sain et du bon, » ajoute Alexandra. Et même quelques produits de leur jardin. A l’arrière, les filles se sont équipées de bacs portables auto-irrigués et alimentés en terreau bio enrichi d’alfa-alfa –en vente également, avis aux amateurs de potagers plugged-in- dans lesquels elles feront pousser tomates et roquette. Prévu aussi, des morning coffee workshops avec Chris Clark sur des thèmes nutrition. On se sent déjà mieux. On vous dit : elles vont révolutionner l’art de vivre à Dubai !

Emmanuelle et Alexandra

Questionnaire de Proust hors de son axe

PC ou Mac ?

E : Y a pas sujet

A : Ça marche comment un PC ?

Y a quoi sur ton ipod ?

E : Je peux pas choisir… Vraiment ? Cat Power en fait partie…

A : Bach, The Two et toutes les centaines d’autres

Y a quoi sur ton ipad ?

E : Mes photos

A : Ma musique, Paris match tous les vendredis matin pour le p’tit dej

Y a quoi dans ton frigo ?

E : Des graines et du vert

A : Toujours une salade verte, un fromage, des œufs

Y a quoi dans ta bibliothèque ?

E : Mes livres d’art, tous mes romans

A : Eclectique, j’aime tout et suis plutôt boulimique quand il s’agit de livres

De quoi t’envisages pas de te séparer ?

E : De mes copains et de mon heure de kickboxing tous les matins !

A : Mon piano

Le meilleur resto de Dubai ?

E : On espère bientôt chez nous ☺

A : Mijoter un petit plat à la maison pour les copains !

La galerie d’art que tu préfères ici ?

E : The Third Line, IVDE et XVA

A : Isabelle Van den Eyden, XVA, et Art Sawa pour sa proprio

Ton quartier ?

E : Umm Suqeim

A : Idem

Ta plage ?

E : Sans doute celle juste derrière C102 pour les quelques mois a venir…

A : Kite Beach, tout le monde s’y éclate, enfants et grands

Ton mall ?

E : Je milite contre les malls !

A : L’alternative inespérée : Comptoir 102

Ta ville ?

E : New York

A : Paris

Mini prix : < 100 dhs pour un livre pour enfants des Super Editions ou un petit objet de chez Astier de Villatte

Maxi prix : > 50 000 dhs le canapé Caravane en velours de mohair

Adresse :

Comptoir 102

102 Beach Road

Ouvert de 10h à 20h

Fermé le vendredi

Ouverture du Coffee shop en janvier

Nom de code : C102. Ouverture : imminente
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interview with Sheikha Bodour, publisher and daughter of the Ruler of Sharjah

Publié le par Kyradubai

In the middle of the buzz of Sharjah’s 31st International Book Fair which opened its doors from the 7th to the 17th of November at the Emirate state’s Expo Center, Sheikha Bodour bint Sultan Al Qasimi, tells how her passion for books began. With her sparkling eyes, enjoying a lugaimat and a cup of tea, the 35 year old beautiful entrepreneur, never gets tired of witnessing how the stories she publishes delight her young audience. Her publishing house, Kalimat, celebrates its fifth anniversary this year and the Emirates Publishers Association (EPA) which she presides over has just become a member of the International Publishers Association (IPA). INTERVIEW.

How did you come up with the idea of promoting children books in the UAE?

It began seven years ago. My daughter was three years old at the time and I started to read her stories and bedtime stories. But she could feel I was lacking enthusiasm towards these books. And as I did not like them, she did not like them either. I started asking myself where are the Emirati books on our culture, our stories, our people, our traditions. And when I turned to people around me, asking other mothers how they felt about it, I realized everybody had the same feeling and the same frustration. So I started with several books to see how it would go from there. This is how it all started. This was in 2007. We started with five books at Kalimat and it was an immediate success! Everybody said we really spotted a market that was sleeping for a long time. We needed these stories to come out. And today we have 100 books and many Emirati writers and illustrators.

Do you only publish in Arabic?

Yes, since the beginning. We only publish in Arabic. Just a few books are translated but 90% of our books are local. The reason why we buy some of them is to interact with other publishers, develop our network that open doors for our local writers. For instance the Young Adult market was not very developed so we decided to buy and translate to encourage our writers and show them that there is a market for this kind of books. And now we do have writers for this Young Adults market in the UAE. This is a great achievement.

How do the children welcome the books? This is something you must experience through the eyes of your daughter?

I have three children now and they have been growing up with Kalimat and you can see a change in our culture of reading as well. Before you had to learn something from a story, it had to be educational and now it’s more about fun, about enjoying the story and having pleasure reading the story rather than learning something out of it. I think this emphasis makes children love books even if they don’t learn anything from them. It creates a bond with the book. This is the beginning of many new initiatives. New writers are coming up as well and great illustrators.

It gives them the love of reading?

We established the UAE Board on Books for Young People (UAE BBY). I am the President of the UAE BBY here. It is an organization that brings together writers and people in general interested in children’s book. We have many workshops for librarians, illustrators and writers. We have ambassadors. Salha Ghabesh (see the photo story on Salha Ghabesh, and her last book "Dana’s journey") is one of the year’s UAE BBY’s ambassadors. They are our UAE treasures. They are writers and illustrators who we take abroad to international conferences and we involve them in the local communities as well to do readings and promote the culture of reading.

You must have witnessed a great change in terms of audience since the book fair started 31st years ago?

I have grown up with this book fair. I will turn 35 next month and I have come here since I was three years old. I have been coming to the book fair every year. I’ve never missed it since I have been three years old. It used to be in a tent. And look now, it is in a huge hall! It’s really grown and it’s become like a national treasure really. People think of Sharjah and the book fair. So it is really something we are proud of.

When you think about Sharjah when you were a little girl and the Emirate as it is today, what comes to your mind?

For me it’s still familiar. And this is very important. You know when you leave a country and you come back and do not recognize it? You don’t feel connected to the country. For me Sharjah is always very familiar to myself because a lot of things are very cultural. You see the buildings, the monuments, and the architecture. You feel that you are in the Middle East.

You have studied anthropology and archaeology in Cambridge and UCL haven’t you? What did you feel being so far from Sharjah and the UAE?

It was very difficult because I remember going to university and thinking what am I going to study. I did not want to study science. Then I thought I love people and to know about different cultures and I chose anthropology.

(She pauses to offer and taste a lugaimat, one of these typical local sweet dumplings dotted with sesame seeds, which goes so well with the slight bitterness of tea).

We have a book about lugaimat actually. We are having the launch of the book on the 13th of November. It’s called «When the Camels Craved Dumplings». The writer is Emirati and she will be doing an event where we will be serving lugaimat.

Going back to my arrival in Cambridge, it was a culture shock. I was eighteen and at the time it was not like that. We weren’t so cosmopolitan. We did not have lot of people coming here. I had to adapt to a new situation, new setting, a new country, and new people. But it was the best experience of my life. It shaped me as a person, defined who I was. It also gave me a perspective on who I was as an Emirati. You meet people from all over the world, from different cultures.

The books you publish focus on Emirati culture and identity?

Yes because if you think about it, our country is very young and we are very open to many nationalities and many other countries. Children who are growing up here are very influenced by other cultures which is great. It makes them very open minded and educated. But the local identity also needs to be strong. For a child to have self-esteem and a good sense of himself, it is important to know who he is and where he comes from. Through our stories we can make them proud of who they are and where they come from. They can travel everywhere around the world and meet people but they know who they are inside.

Do they react differently when they listen to a traditional local story?

Yes when you see yourself in a story you can associate with the character, the setting, the words, a lot of things. This is important.

Do you write yourself?

I do, a little, but I have not published anything because you are more critical of yourself and I am very critical of everything I write. But hopefully next year some of my work will be published.

Your father, His Highness Sheikh Dr Sultan bin Mohammed Al Qasimi, Member of the Supreme Council and Ruler of Sharjah also writes?

Yes he is a poet, a historian and a play writer as well.

He read you stories as a child?

We grew up with books all around our house. He told us stories of his childhood all the time for years and years and we begged him to write them down because these stories would be lost otherwise. So we were the ones who pushed him to write them and now he’s written so many books. Every year now it’s a new book. These personal stories are very important as well. They shape us when growing up. He has a very different and interesting life.

Who are you favourite writers?

I love the Persian poet Jalāl ad-Dīn Muhammad Rūmī.

For more info: Kalimat’s website

http://www.kalimat.ae/

KyraDubai

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A Girl's Dream Come True. Interview with Fatima Sharaf, head and founder of the Hello Kitty Spa

Publié le par Kyradubai

A Girl's Dream Come True. Interview with Fatima Sharaf, head and founder of the Hello Kitty Spa

Sitting in the lounge area of the Hello Kitty Beauty Spa, a false airs "boudoir" Marie-Antoinette style beauty salon, founder and MG Fatima Sharaf tells about this first and unique concept. She says how she came up with this original idea which never ceases to seduce little princesses and their mummies and talks about her family who created and developped the Sharaf Group, a reknown name in Dubai. INTERVIEW.

How did you come up with the idea of a Hello Kitty Spa, a girl’s dream?

I had this idea for a long time. I went to see my brother Yasser, head of Sharaf Retail, with the idea of a spa for kids and he said «yes it is a good idea» but that was it. A few months later, he came back to me and said «I took your idea and played with it. Now I want the same idea but with the Hello Kitty brand». He wanted to take Hello Kitty a bit further than retail. We merged the two ideas together and Hello Kitty Beauty Spa was born.

This is the first and unique in the world?

Yes and we got the licence from Sanio Japan to go global. If anybody in the world wants to open a Hello Kitty Beauty Spa, they have to come to us.

How is business going?

It is working phenomenal. I really did not think it would go like this. But at the same time if you look around the world, there is a big come back for Hello Kitty.

It activates this nostalgia feeling and it is trendy at the same time?

Exactly. It takes us back to our childhood, for us adults. And for the kids, nowadays they like it too.

It is Japanese kawaii?

Yes, exactly, cuteness.

What is your public?

Mainly children. Here we call them Princesses. We have young ones as young as one year old. We give them their first hair cut with a certificate with a lock of hair. We use pure products which are all safe. We have organic nailpolish. It is a safelty policy. We have Hello Kitty ones but also the regular OPI and Essie’s. The girls like it because they want to be treated like adults. They want to be like their mothers (ndlr: The Queens) so they sit in the same seats as their mothers. The princesses get to choose their scrub and sanitazing balls. We dont file their nails but we scrub and pamper.

I was told that you insisted on learning the business from bottom to end. You even trained hard with a French hairdresser, Sandrine Bertrand?

She gave a hell of a time! She made me shampoo, shampoo, and shampoo. I did it for a whole month almost everyday. Very long hours. You would be very surprised: I have some staff with 15 years of experience but shampoo is a very important thing. The position, the pressure, there should be a certain connection with your client even if its shampoo. People think its just a shampoo but its not. And I dont want my staff to do something that I don’t know about. If you’re mixing color, I have to know how you mix it. If you’re cutting hair, I have to see that you are doing it the right way. If you’re doing something with the curly iron, I have to see that you are doing it right. Especially when children are involved. And the most important thing here: I wanted all the staff to know how to treat a princess. I had a problem with my daughter growing up. There were salon either for the kiddie kiddie ones and they did not know about style or they were for adults and they did not know how to handle children.

So you have one daughter?

Yes, she is ten now.

She was also an inspiration for the Spa?

Yes, she was always giving me ideas. Every time she comes here she has remarks. «Mama customer was not very happy. You should go and tell her...» And she always wants to help here. And she comes up with ideas. Look our logo: as our tables and mirrors are oval, she said «why don’t we have that shape for the logo?» And I spoke about it to the graphic designer. The hair bowl used to be very small? «Mama girls like them big»...

So she is your marker researcher?

Kind of! She would help a lot. Her name is Rhoda meaning garden and heaven in arabic.

Can you tell me more about your family?

My grandparents both paternal and maternal were traders like all Dubai people. The Sharaf Group started with two brothers, almost 40 years ago. My father Sharafuddin Sharaf and my uncle Ibrahim. They started in shipping in the 70’s and real state and slowly retail and now we have 60 companies and more than 5000 employees around the world.

What were the values transmitted to you?

I learnt it from my dad: the customer’s always right. If customers aren’t happy, then there is no business. This is what I tell all my staff. I will make you happy. You will not leave until you are happy.

Your recieved a business oriented education?

Always thinking business. Whenever travelling or going anywhere, my dad was always talking about all sorts of businesses or looking for opportunities. There is never enough and always something new.

What is your curriculum?

I studied linguistics at King Saud University in Saudi Arabia. When I came back I joined the Sharaf group and they were opening the first retail store ever in 1985. They were in the business for 30 years but never in retail. Their main business was shipping, real estate. I started with them from scratch in the marketing department like any other staff. I had no experience and my father wanted me to start from the bottom.

This is part of the family business philosophy?

Since we were kids, school holidays did not mean school holidays. We spent a month of work going to the office and learn things. Then only could we go on holiday. For a few years, I worked there until I got married and had my daughter. I stopped to be with her at home but, while there, I did some personal businesses. In between, I was also an English teacher at Sara School in Rashadie. I loved the teaching but after two years I wanted to spend more time and make my daughter ready for school. I did my own fashion design business and shop. Then I went back to Sharaf Group again when she started school.

What did you learn from studying abroad?

To study abroad -I did a BA in Saudi Arabia- taught me to be independent. I was 17 years old. It is a hard country to live in, very different from Dubai. At that time it was a men’s world. Nowadays it is different. Here you did not have to cover, it is all by choice. There you were forced. Now it is different than when I was there.

Why do you choose to cover?

I cover because it makes life easier. You dont have to think about what you are going to wear. And it is part of our identity, our religion. It keeps you modest as well. And on a men’s perspective, it is showing respect for your family. For me it is also a way of not caring about what people think of me. As a family we are quite conservative, traditional. At puberty, you wear your sheila and habaya and during parties we don’t sit together. This is how it is.

You have a beautiful original habaya?

Thank you. I design my own habayas. I see materials, I set it, develop it.

Did you have a «princess» dream?

I wanted to be a fashion designer which I was for a while. I wanted to study it but at that time in Dubai my teachers in school and my parents were not really fond of the idea. They said «have a good proper degree and do that on the side. If you have a talent you don’t really need to study it». And I really believe in that. With the distance I believe they were right.

Did you like Hello Kitty as a little girl?

There was a shop at Al Gurair Mall in Deira. It was one of the biggest mall at that time. Every Eid we received a little bit of money, and pfff, we would go to Hello Kitty. The shop was called My Melody. I loved their rubbers. They were scented and I got crazy for them and its funny because my daughter collects these rubbers. Everybody in Dubai loved Hello Kitty.

How was it back then?

We used to play a lot outdoors. It was very safe the doors were always open. We were always outside on the sand, on bycicles.

Did you live in the desert?

Dubai was a desert. We always lived in Jumeirah. You know everybody lived in Deira or Bur Dubai at the time and they thought it was so far. Its outisde in the sand. In JBR area there was no buildings only The Méridien. They used to say, you can’t go there its too far in the desert. But we lived in concrete with water electricity and all. Although we went to the desert a lot and we still do. When it rains, all the locals, they get in their cars and go to the desert. Because as we don’t see a lot of rain, we want to enjoy it. We go to the desert as often as we can. It is nostalgia again.

What do you think about Dubai today?

I am proud of what Dubai has become. It is a bit fast for me. We all look up to Sheikh Mohammed. We all learn from him. When he says «Nothing’s impossible», I believe that. I also like the old Dubai. I feel it went too fast. I like it but maybe it goes too fast. It is amazing but for us to grasp what happened... You cannot do a city like this in such a short period of time. Nobody does: it is amazing. Opportunity comes only once. This is a lesson right in front of us. Take it and then think!

How do you preserve your culture?

It is in our nature this closeness and knowing each other and the hospitality part and all that brings you together all the time and we are all one family, al the locals, and when expats are coming we treat them as we treat each other. Preserving this heritage or our culture. Everthing is going on smoothly. Despite all this modernisation, you can see us all connected and attached to our culture and our beliefs. And this is also a big part of our religion. Our religion teaches us to do this. We are good believers in our religion so that is also how we preserve our culture. We also teach this to our children. In return the children see how we react and how we live. It is a circle. They will be doing the same with their children.

As a business women, how do you find the time to transmit all that to your child? You teach her Arabic?

Oh yes she speaks arabic, English and French. I learnt it also at school. Languages should not be a barrier. As Dubai is an international city with all these cultures this is an opportunity to know about everybody else. everybody is here. In my daughter’s class, she has got different cultures and nationalities and she gets to learn about them. Recently, they have been celebrating Diwali from the Indian culture. So they know about it from each other in class. I believe you should know about religions and cultures from people around you. It is nice to have knowledge it won’t harm you. I like that. We can all live together and know about each other.

There is a feeling of hospitality here in the Spa?

We have like a sitting area. It is like a salon. I need people to come and sit and watch TV and hang out not have a service. It is very cosy, laid back like at home. After you had a service you can stay here as long as you want. We have karaoke. Kids come and sing. That hospitality is very important also. You need to be comfortable, happy, relax in a nice environment and safe. It is always about customer satisfaction.

What is your next project?

We are working on developping the franchise at the moment. It will be ready in the next few months. We are taking two new locations in Abu Dhabi. We were approached by House of Frazer in Abu Dhabi and by the Abu Dhabi Mall. We are also introducing a lot of new things like massages etc. I did a lot of research but we are learning in the process.

Is it going quickly?

Not as fast I want. I dont have patience. I am ambitious.

Do you work with your brother Yasser Sharaf (Managing Director of Sharaf Retail)?

Yes hands in hands. He asks me for advice and I do too. I am the eldest.

Any other projects?

Sanio was so happy with the Hello Kitty Spa that they have decided to open a cafe. We are working on it right now. I am just looking for the perfect location.

Which would be?

Ideally? In front of the fountains at Dubai Mall! I want more of a tourist location.

For more info:

http://hellokittybeautyspa.com/home.php

To book:

Town Center, Dubai

+971 4 344 9598

bookings@hellokittybeautyspa.com

Open every day from 10am to 9pm

The Sharaf Group

Sharaf Group is one of UAE's largest and most respected business conglomerates. It comprises of over 60 operating companies in more than 6 business sectors: Information Technology; Shipping; Retail; Real Estate; Financial Services; Consumer Products; Travel and Tourism; and Construction. The Group was founded by two enterprising brothers, Ibrahim Sharaf and Sharaffudin Sharaf, of U.A.E origin during the last quarter of the 20th century.

Sharaf Group companies together employ over 2,500 people. Among the group’s registered enterprises, names that standout are- Sharaf Shipping Agency, Sharaf Industries, Sharaf Travels, Sharaf Enterprises, Sharaf Group Retail Division, Sharaf Design and Information Dynamics — these have a wide presence in and around Gulf countries. The Group has experienced the sustained growth for years since its inception (1976) among other Arab business houses in the private sector. The Sharaf Group operates in more than 20 countries across the world.

Info from: http://www.sharafs.ae/

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Le Hello Kitty Beauty Spa, en photos

Publié le par Kyradubai

A la réception, le ton est donné.

A la réception, le ton est donné.

Un fauteuil pour deux: pour chaque Reine et sa Princesse.

Un fauteuil pour deux: pour chaque Reine et sa Princesse.

Des produits Hello Kitty mais organiques.

Des produits Hello Kitty mais organiques.

Faites vos choix Mesdemoiselles... Qui a dit qu'il y avait un âge minimum pour se faire belle?

Faites vos choix Mesdemoiselles... Qui a dit qu'il y avait un âge minimum pour se faire belle?

De douceurs en douceurs. Le café du Spa et ses ...

De douceurs en douceurs. Le café du Spa et ses ...

Cup cakes customisés, s'il vous plaît.

Cup cakes customisés, s'il vous plaît.

Avant ou après le soin, le coin salon est ouvert à toutes.

Avant ou après le soin, le coin salon est ouvert à toutes.

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Un rêve de petite fille devenu business florissant: le Hello Kitty Beauty Spa

Publié le par Kyradubai

Un rêve de petite fille devenu business florissant: le Hello Kitty Beauty Spa

Assise dans son Hello Kitty Beauty Spa aux faux airs de boudoir façon Marie-Antoinette, Fatima Sharaf, fondatrice et directrice de ce salon de beauté unique au monde, décrit comment lui est venue cette idée originale qui n’en finit pas de séduire les petites princesses et leurs mamans. Elle parle aussi de sa famille qui a donné naissance au Groupe Sharaf, un nom réputé à Dubai et de ses derniers projets. INTERVIEW.

Comment vous est venue l’idée d’un Salon de beauté Hello Kitty, un rêve de petite fille?

J’ai eu cette idée il y a longtemps. Je suis allée voir mon frère Yasser, qui dirige Sharaf Retail, avec cette idée d’un spa pour enfants and il m’a dit «oui, c’est une bonne idée» mais c’était tout. Quelques mois plus tard, il m’en a reparlé et m’a dit «j’ai joué avec ton idée. Je te propose la même chose mais avec la marque Hello Kitty». Il voulait développer Hello Kitty au delà de la vente au détail. Nous avons fusionné nos deux idées et Hello Kitty Beauty Spa est né.

C’est le premier et le seul au monde?

Oui, nous avons la licence de Sanio Japon pour les marchés mondiaux. Si qui que ce soit veut ouvrir un Hello Kitty Beauty Spa, ils doivent passer par nous.

Comment se porte le Spa?

Ça marche du tonnerre. Je ne pensais vraiment pas que ça marcherait à ce point. En même temps, si vous regardez partout dans le monde il y a un grand retour de Hello Kitty.

Cela titille notre côté nostalgique et c’est à la mode en même temps?

Exactement. Cela nous ramène à notre enfance. Et les enfants d'aujourd hui l’aiment aussi.

C’est le fameux kawaii japonais?

Oui exactement, c’est mignon.

Quelle est votre clientèle?

Surtout les enfants. Ici nous les appelons des Princesses. Les plus jeunes ont un an. Nous leur faisons leur première coupe avec un certificat avec une mèche de cheveux. Nous utilisons des produits purs, totalement surs. Nous avons du vernis organique. C’est notre politique de sécurité. Nous avons des vernis Hello Kitty mais aussi OPI et Essie. Les filles les aiment parce qu’elles veulent qu’on les traitent en adultes. Elles veulent être comme leurs mères (ndlr: les Reines). Elles s’assoient dans les mêmes fauteuils et choisissent, elles aussi, leurs gommages et le parfum de la mousse. Nous ne leur limons pas les ongles mais nous les gommons et les soignons.

J’ai ouï dire que vous avez insisté pour apprendre tous les rudiments du métier. Vous avez même fait un stage dans les règles de l’art avec une coiffeuse française, Sandrine Bertrand?

Elle m’a donné du fil à retordre! Elle m’a fait faire shampoings après shampoings. J’en ai fait pendant un mois presque tous les jours. De très longues heures. Vous seriez surprise: j’ai du personnel qui a plus de 15 ans d’expérience mais le shampoing c’est fondamental. La position, la pression, un lien s’établit avec le client même au bac. Les gens pensent qu’il s’agit juste de shampoing mais c’est faux. Et je ne veux pas que mon personnel accomplisse des actes dont je n’ai pas fait l’expérience. Si ils mélangent la couleur, je dois savoir le faire aussi. S’ils font une coupe, je dois pouvoir vérifier qu’ils le font bien. Surtout lorsqu’il s’agit d’enfants. Le plus important: je veux que mes employés sachent comment traiter une Princesse. Quand ma fille était plus jeune, j’avais un problème. Il existait des salons soit pour les petits mais ils n’avaient aucune notion de style, soit pour les adultes mais ils ne savaient pas comment traiter les enfants.

Vous avez donc une fille?

oui, elle a dix ans.

Elle vous a inspiré pour le Spa?

Oui elle m’a toujours donné des idées. Chaque fois qu’elle vient, elle fait des remarques. «Maman, le client n’était pas très content. Tu devrais y aller et lui dire...» Et elle veut toujours mettre la main à la pâte. Elle propose des idées nouvelles. Notre logo par exemple: nos tables et miroirs étant ovales, elle m’a dit «pourquoi ne prenons pas cette forme pour notre logo?» J’en ai parlé au graphiste. Le bac à shampoing était trop petit? «Maman, les filles le préfèrent plus grand»...

Elle fait vos études de marché?

En quelque sorte! Elle aide beaucoup. Son nom est Rhoda qui veut dire jardin et paradis en arabe.

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre famille?

Mes grands parents paternels et maternels étaient commerçants comme tous les Dubaiotes. Le Groupe Sharaf a démarré grâce à deux frères il y a presque 40 ans: mon père Sharafuddin Sharaf et mon oncle Ibrahim. Ils ont commencé dans le commerce maritime dans les années 70, puis l’immobilier, puis doucement la vente au détail et aujourd’hui nous avons 60 entreprises et plus de 5000 employés dans le monde.

Qelles valeurs vous ont-elles été transmises?

Mon père m’a appris les affaires: le client a toujours raison. Si les clients ne sont pas satisfaits, alors il n’y a plus de business. C’est ce que je dit à mes employés. En tant que cliente, mon but est que vous soyez heureuse. Tant que vous ne serez pas heureuse, vous ne partirez pas.

Votre éducation était axée business?

On pense toujours business. A chaque fois qu’on voyageait, où qu’on aille, mon père parlait de toutes sortes d’affaires ou cherchait les opportunités. Il reste toujours à faire dans ce qui exste déjà et parfois quelque chose de neuf à construire.

Quel est votre parcours?

J’ai étudié la lingistique à King Saud University en Arabie Saoudite. J’ai ensuite rejoint le Groupe Sharaf alors qu’ils ouvraient le premier magasin en 1985. Ils étaient dans les affaires depuis 30 ans mais pas dans la vente au détail. Leurs principaux centres d’activité étaient le transport maritime et l’immobilier. J’ai commencé en bas de l’échelle au département marketing comme n’importe quel autre employé. Je n’avais aucune expérience et mon père tenait à ce que je parte de la base.

Cela fait partie de votre philosophie familiale des affaires?

Enfants, nos vacances scolaires n’ont jamais été de vraies vacances. Nous passions un mois à aller au bureau et à apprendre des choses. Ensuite, seulement, nous avions droit aux vacances. J’ai donc travaillé là quelques années jusqu’à ce que je me marie et que j’aie ma fille. J’ai arrêté pour être avec elle à la maison mais là aussi, j’avais des affaires personnelles. Entre deux, j’ai aussi enseigné l’anglais à l’école Sara de Rashadie. J’adorais enseigner mais après deux ans j’ai voulu passer plus de temps avec ma fille et la préparer pour l’école. J’ai monté ma boîte de stylisme et une boutique. Puis, j’ai à nouveau rejoint le Groupe Sharaf lorsque ma fille a commencé l’école.

Qu’avez-vous appris en allant faire vos études à l’étranger?

Etudier à l’étranger- j’ai fait une licence en Arabie Saoudite- m’a appris à devenir indépendante. J’avais 17 ans. C’était un pays difficile à vivre, très dfférent de Dubai. A l’époque, c’était un monde d’hommes. Aujourd’hui c’est différent. Ici nous ne devions pas nous voiler, c’était un choix. Là bas vous y étiez obligées. Maintenant c’est autre chose que lorsque j’y ai étudié.

Pourquoi choisissez-vous de vous voiler?

Cela facilite la vie. Vous n’avez pas besoin de réfléchir à ce que vous allez porter. Et cela fait partie de notre identité, de notre religion. Cela permet aussi de rester modeste. Et dans une perspective masculine, c’est une marque de respect vis à vis de la famille. Pour moi c’est aussi une manière de ne pas me soucier de ce que les gens pensent de moi. Dans ma famille, nous sommes assez conservateurs, tradionnels. A la puberté, vous portez votre sheila et votre habaya et durant les fêtes, nous ne nous asseyons pas ensemble. C’est ainsi.

Vous avez une très belle habaya, très originale?

Merci. Je dessine mes propres habayas. Je déniche un tissu, je le stylise, le développe.

Aviez-vous un rêve de Princesse?

Je voulais être styliste ce que j’ai été un temps. Je voulais étudier le stylisme mais à l’époque mes professeurs et mes parents n’aimaient pas trop cette idée. Ils m’ont conseillé d’obtenir une vraie licence et de faire du stylisme à côté. Si tu as du talent, tu n’as pas vraiment besoin d’en faire tes études, me disaient-ils. Et je crois réellement à cela. Avec le temps, je crois qu’ils avaient raison.

Aimiez-vous Hello Kitty étant petite fille?

Il y avait un magasin au Gurair Mall à Deira. C’était l’un des plus grand centre commerciaux à l’époque. Chaque Eid, nous recevions un peu d’argent et, pfff, nous allions chez Hello Kitty. Le magasin s’appelait My Melody. J’adorais leurs gommes. Elles étaient parfumées et j’en étais folle. Et c’est drôle car ma fille les collectionne. Tout le monde aimait Hello Kitty, ici à Dubai.

Comment était Dubai à cette époque?

Nous jouiions beaucoup en plein air. C’était très sûr, toutes les portes étaient ouvertes. Nous passions notre vie dehors dans le sable, à vélo.

Viviez-vous dans le désert?

Dubai était un désert. Nous avons toujours vécu à Jumeirah. Vous savez, tout le monde vivait à Deira ou Bur Dubai en ce temps là et pensait que nous étions très loin, là bas, dans le désert. Il n’y avait pas d’immeubles à JBR à part le Méridien. Les gens disaient qu’on ne pouvait pas aller à Jumeirah, c’était trop loin dans le désert. Mais nous vivions dans des maisons en dur avec l’eau courante, l’électricité et tout. Mais nous allions beaucoup dans le désert et nous continuons à y aller. Quand il pleut, tous les locaux sautent dans leur voiture et rejoignent le désert. Comme la pluie est rare, nous en profitons. Nous allons dans le désert le plus possible. C’est encore de la nostalgie.

Que pensez-vous de Dubai aujourd’hui?

Je suis fière de ce que Dubai est devenue. C’est un peu rapide pour moi. Nous admirons tous Sheikh Mohammed. Nous avons tous appris de lui. Lorsqu’il dit que «Rien n’est impossible», je le crois, J’aime aussi le vieux Dubai. J’ai l’impression que c’est allé trop vite. J’aime le résultat mais ça a été trop rapide. C’est incroyable mais pour nous de saisir ce qui s’est passé... C’est impossible de bâtir une telle ville en si peu de temps. Personne ne le peut: c’est extraordinaire. Une chance ne se présente qu’une fois. C’est la leçon à tirer, là sous nos yeux. Saisissez-la et pensez ensuite!

Comment préservez-vous votre culture?

La proximité est dans notre nature, se connaître les uns les autres et l’hospitalité. Tout cela nous réunit tout le temps. Nous sommes comme une grande famille, nous les locaux. Et les expatriés qui arrivent, nous les traitons comme nous nous traitons entre nous. Nous préservons cet héritage et notre culture. Tout se déroule harmonieusement. En dépit de cette modernité, vous constaterez que nous sommes tous connectés, attachés à notre culture et à nos croyances. Notre religion nous enseigne cela. Nous sommes de bons croyants et c’est aussi comme cela que nous préservons notre culture. Nous transmettons cela à nos enfants. En retour, les enfants observent la façon dont nous réagissons et notre mode de vie. C’est une roue. Ils feront de même avec les leurs.

En tant que femme d’affaires comment trouvez-vous le temps de transmettre tout cela à vos enfants? Leur enseignez-vous l’arabe?

Oh oui ma fille parle l’arabe, l’anglais et le français. J’ai aussi appris ces langues à l’école. Les langues ne doivent pas constituer une barrière. Dubai étant une ville internationale riche de toutes ces cultures, c’est une opportunité de les découvrir. Le monde est ici. Dans la classe de ma fille, il y a de nombreuses cultures et nationalités et c’est l’occasion de les connaître. Récemment, ils ont célébré la fête indienne de Diwali. Je crois qu’il es important de s’intéresser aux religions et aux cultures des gens qui nous entourent. C’est bien d’avoir des connaissances, cela ne peut pas faire de mal. J’aime ça. Nous pouvons tous vivre ensemble et apprendre les uns des autres.

On sent une grande hospitalité, ici, dans votre spa. Vous avez travaillé là dessus?

Il y a un endroit où s’asseoir, comme un salon. Je veux que les gens viennent, s’assoient, regardent la télé et prennent leur temps sans forcément être consommateurs. C’est très confortable, décontracté... Comme à la maison! Après votre soin, vous pouvez rester le temps que vous voulez. Nous avons un karaoké. Les enfants chantent. Cette notion d’hsopitalité est très importante. Vous devez vous sentir à l’aise, heureux, relax dans un bel environnement sécurisé. Il s’agit toujours de la satisfaction du client.

Vous avez des projets?

Nous travaillons sur le développement de la franchise. Ce sera prêt dans les mois qui viennent. Nous prévoyons deux nouveaux spas à Abu Dhabi. Nous avons été approchés par House of Frazer et par Abu Dhabi Mall. Nous introduisons également de nouveaux soins comme des massages etc. J’ai fait beaucoup de recherches mais on apprend aussi avec l’expérience.

Vous allez vite?

Pas autant que je le voudrais. Je ne suis pas patiente. Je suis ambitieuse.

Travaillez-vous avec votre frère Yasser Sharaf (Director général de Sharaf Retail)?

Main dans la main. Il me demande conseil et moi aussi. Je suis l’ainée.

D’autres projets?

Sanio était si content du Hello Kitty Beauty Spa qu’ils ont décidé d’ouvrir un café. Nous y travaillons. Je cherche l’endroit idéal.

Qui serait?

Idéalement? En face des fontaines du Dubai Mall! Je voudrais un endroit fréquenté par les touristes.

Voir aussi le reportage photo:

http://kyradubai.overblog.com/tag/en%20photo/

Pour plus d’infos:

http://hellokittybeautyspa.com/home.php

Pour réserver:

Town Center, Dubai

+971 4 344 9598

bookings@hellokittybeautyspa.com

Ouvert tous les jours de 10am à 9pm

Le Groupe Sharaf

L‘un des plus grands et des plus respectés aux Emirats Arabes Unis.

Détient plus de 60 entreprises dans 6 différents secteurs d’activité: technologie de l’information; transport maritime; vente au détail; immobilier; services financiers; produits de consommation; voyage et tourisme; construction.

Le Groupe a été fondé par deux frères entrepreneurs: Ibrahim Sharaf et Sharaffudin Sharaf, d’origine émiratie.

Le Groupe emploie plus de 2500 personnes en tout.

Les fleurons du Groupe sont: Sharaf Shipping Agency; Sharaf Industries; Sharaf Travels; Sharaf Enterprises; Sharaf Group Retail Division; Sharaf Design and Information Dynamics.

Le Groupe est actif dans plus de 20 pays.

Info: http://www.sharafs.ae/

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Le parcours d'une perle de l'écriture émiratie.

Publié le par Kyradubai

Le parcours d'une perle de l'écriture émiratie.

Salha Ghabesh prend place sur le stand de Kalimat, la maison d'édition de Sheikha Bodour, spécialisée dans les livres pour enfants des Emirats arabes unis et de la région, et il ne reste plus une place au sol. Une nuée de petites filles se sont accroupies pour l'écouter raconter la dernière de ses histoires, celle du "Voyage de Dana". Elle remet en place son sheila vert et commence à lire. Malgré le bruit de fond des multiples animations du Salon du Livre de Sharjah qui n'en finit plus d'attirer des visiteurs, Salha parvient à capter l'attention des élèves de huit ans.

Dana est une petite perle dont le rêve est de se retrouver un jour portée par une belle princesse. Elle se confie à ses autres amies perles. Un beau jour, un pêcheur la prend dans ses filets et c'est ainsi que Dana, jolie perle blanche et brillante, voit son rêve exaucé.

Salha demande à son public si elles ont des amies ou des soeurs qui s'appellent Dana? "Moi, moi...", répondent certaines d'entre elles. "Mais savez-vous ce que cela signifie?" C'est un type de perle de la région... Ainsi Salha et son histoire illustrent à merveille le but de Kalimat qui est de publier des histoires ancrées dans la culture locale. Cette année la maison a publié "My Own Special Way" de Maitha Al Khayat, l'histoire d'une petite fille dont l'ambition est de revêtir le hijab comme sa grande soeur ou "My Mother's Job" qui raconte la vie de l'historien et voyageur local Ibn Battuta.

C'est la deuxième année que Salha publie chez Kalimat. En 2011, elle présentait "Baba Zayed", Président des Emirats Arabes Unis, sa vie enfant et comment il devint un leader. "Ce fut un véritable honneur pour moi lorsque Sheikha Bodour, fondatrice de Kalimat et fille du Sheikh de Sharjah, m'a demandé d'écrire pour sa maison d'édition," raconte Salha qui a toujours voulu devenir écrivain. “«Enfant déjà, être lectrice ne me suffisait pas, je voulais devenir écrivain. J’imaginais déjà d’autres histoires à partir de celles que je lisais. J’aime être dans mon monde personnel. Je préfère donner que recevoir, voilà pourquoi j’ai voulu écrire," explique-t-elle. Et depuis 1992, date de ses premiers poèmes, elle a déjà plublié un roman, des nouvelles, des tragédies, des livres pour enfants et elle est aussi rédactrice de Marami, un magazine qui traite des problèmes que rencontrent les femmes dans la communauté. Elle est directrice de l'Association des écrivains locale et à la tête du Bureau de la culture et des media du Conseil suprême pour les affaires familiales de Sharjah. Elle se fait ainsi avocate de la défense de la culture. "Par exemple, notre gouvernement a mis en place un congé maternité de deux mois pour les femmes mais aussi leur permet de conserver leur place en congé sans solde une année afin de rester plus longtemps avec leurs enfants. Car malgré leurs compétences, les nurses étrangères ne transmettent pas notre culture, notre langue et nos traditions. Des crèches ouvrent aussi dans les administrations afin d'aider les femmes employées par le service public et leur donner la possibilité de voir leurs bébés durant les pauses par exemple," explique-t-elle. Salha est décidément une excellente ambassadrice de la culture de son pays, l'une de celles choisie cette année pour représenter Kalimat à l'étranger: une vraie perle.

Voir le photo reportage sur Salha:

http://kyradubai.overblog.com/tag/en%20photo/

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Le livre à Sharjah, en photos

Publié le par Kyradubai

Le Salon du Livre de Sharjah en chiffres:

Du 7 au 17 Novembre 2012

2 fois plus de participants qu'en 2011

62 pays dont 22 de la région arabe

924 maisons d'éditions

Salha Ghabesh présente son livre:   "Dana's Journey", publié aux Editions Kalimat.  Kalimat fête ses cinq ans.
Salha Ghabesh présente son livre:   "Dana's Journey", publié aux Editions Kalimat.  Kalimat fête ses cinq ans.

Salha Ghabesh présente son livre: "Dana's Journey", publié aux Editions Kalimat. Kalimat fête ses cinq ans.

Salha Ghabesh raconte l'histoire de Dana, la perle qui rêvait de se retrouver un jour sertie sur un bijou de Princesse... Les petites filles, toute ouïe, connaissent des "Dana" mais savaient-elles que ce prénom est aussi l'appellation d'un certain type de perle de la région? Maria, 8 ans, en "Year 3" à l'école de Sharjah est l'une des petites filles du public. Elle est forte en math, dit-elle, mais cela ne l'empêche pas d'apprécier les histoires de Salha. Salha Ghabesh raconte l'histoire de Dana, la perle qui rêvait de se retrouver un jour sertie sur un bijou de Princesse... Les petites filles, toute ouïe, connaissent des "Dana" mais savaient-elles que ce prénom est aussi l'appellation d'un certain type de perle de la région? Maria, 8 ans, en "Year 3" à l'école de Sharjah est l'une des petites filles du public. Elle est forte en math, dit-elle, mais cela ne l'empêche pas d'apprécier les histoires de Salha.

Salha Ghabesh raconte l'histoire de Dana, la perle qui rêvait de se retrouver un jour sertie sur un bijou de Princesse... Les petites filles, toute ouïe, connaissent des "Dana" mais savaient-elles que ce prénom est aussi l'appellation d'un certain type de perle de la région? Maria, 8 ans, en "Year 3" à l'école de Sharjah est l'une des petites filles du public. Elle est forte en math, dit-elle, mais cela ne l'empêche pas d'apprécier les histoires de Salha.

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Rencontre avec Sheikha Bodour, éditrice et fille du ruler de Sharjah

Publié le par Kyradubai

Rencontre avec Sheikha Bodour, éditrice et fille du ruler de Sharjah

Assise au milieu de la rumeur du 31ème Salon International du Livre de Sharjah qui se tient du 7 au 17 novembre au Centre d'Exposition de l'Emirat du même nom, Sheikha Bodour bint Sultan Al Qasimi, raconte comment a commencé sa passion pour les livres. Les yeux pétillants, savourant un lugaimat et une tasse de thé, cette ravissante entrepreneuse de 35 ans ne se lasse pas de voir combien les histoires qu'elle publie réjouissent son jeune public. Sa maison d'édition, Kalimat, spécialisée dans la littérature jeunesse en arabe, a maintenant cinq ans et vient de devenir membre de l'Association Internationale des Editeurs (IPA). INTERVIEW.

Comment vous est venue l'idée de promouvoir ainsi le livre aux Emirats Arabes Unis?

Cela a démarré il y a sept ans. Ma fille avait trois ans et je commençais à lui lire des histoires, entre autre, avant d'aller dormir. Mais elle sentait que je manquais d'enthousiasme envers ces livres qui étaient à disposition. Comme je ne les aimais pas, automatiquement, elle ne les aimait pas non plus. J'ai commencé à me demander où étaient les livres émiratis sur notre culture, nos histoires, notre peuple, nos traditions. J'ai demandé aux mères autour de moi et j'ai constaté que tout le monde se posait la même question et éprouvait la même frustration. Alors j'ai commencé avec quelques livres en me disant "on verra" et c'est comme ça que tout a commencé. C'était en 2007. On a débuté avec cinq livres à Kalimat et ce fut un succès immédiat! Tout le monde s'est accordé à dire que nous avions capté un marché qui était dormant depuis longtemps. Nous avions besoin que ces histoires voient le jour. Et aujourd'hui, nous avons 100 titres, beaucoup d'auteurs et d'illustrateurs émiratis.

Publiez-vous uniquement en arabe?

Depuis le début, oui, nous publions uniquement les livres en arabes. Nous achetons quelques livres traduits mais 90% de notre contenu est local. La raison pour laquelle nous achetons est d'intéragir avec d'autres éditeurs, de développer notre réseau et aussi afin d'ouvrir des portes à nos écrivains locaux. Par exemple le "YA market" (Young Aduls market), le marché adolescent, était très peu développé et nous avons décidé d'acheter et de traduire afin d'encourager nos écrivains en les persuadant qu'il existe un marché pour ce genre de livres- Et aujourd'hui, nous avons des auteurs spécialisés dans ce domaine aux Emirats Arabes Unis. Donc c'est positif et nous allons de l'avant.

Et comment les livres sont-ils accueillis par les enfants? J'imagine que vous vivez cela aussi à travers les yeux de votre fille...

J'ai trois enfants à présent et ils ont grandi avec les livres de Kalimat. On peut voir un changement dans notre culture de la lecture. Avant il s'agissait plus d'apprendre des livres, les histoires devaient être éducatives. Ajourd'hui c'est plus récréatif et les enfants ont du plaisir à lire les histoires. Et le fait qu'ils y trouvent du plaisir les pousse vers les livres. Même s'ils n'apprennent pas aussi directement cela crée un lien entre eux et le livre.

Cela leur procure le goût de lire?

Oui et c'est le début de nombreuses initiatives. Il y a de plus en plus de nouveaux écrivains et d'illustrateurs talentueux. Nous avons aussi lancé le UAE Board on Books for Young People dont je suis la Presidente ici. C'est une organisation qui réunit l es écrivains, les professionnels en général intéressés par les livres pour enfants. Nous avons de nombreux ateliers pour les libraires, les illustrateurs et les écrivains. Et des ambassadeurs. Salha Ghabesh (voir le photoreportage sur Salha Ghabesh, auteur de livre pour enfants. Son dernier ouvrage est "Le voyage de Dana") est une de nos ambassadrices cette année. Ces ambassadeurs sont nos joyaux. Ce sont nos écrivains et nos illustrateurs qui représentent les Emirats dans les conférences internationales et nous les impliquons dans les communautés locales afin de promouvoir la culture du livre et le goût pour la lecture auprès des enfants et d'autres publics.

Vous avez du être le témoin d'un grand changement au niveau du public et de la fréquentation depuis 31 ans que ce Salon du livre existe?

J'ai grandi avec ce Salon du livre. J'aurais 35 ans le mois prochain et depuis que j'ai trois ans je suis venue chaque année. Je me souviens qu'il avait lieu dans une tente et maintenant c'est un hall énorme! C'est devenu un véritable trésor national. Les gens pensent à Sharjah et à son Salon du livre. Nous en sommes vraiment fiers ici.

Quand vous pensez à Sharjah alors que vous étiez petite fille et l'Emirat tel qu'il est aujourd'hui, qu'est ce qui vous vient?

Ça reste familier et c'est vraiment important. Vous savez cette impression que l'on ressent lorsque l'on quitte un pays et que l'on y revient et qu'on ne le reconnait pas... On ne se sent plus connecté à cet endroit. Pour moi, Sharjah reste familier. Il y a de nombreux aspects culturels à Sharjah: les monuments, l'architecture, un ville islamique, on se sent au moyen-Orient.

Vous avez d'ailleurs fait des études en anthropologie à Cambridge et UCL. Qu'avez-ressenti loin de votre pays?

J'ai choisi cette matière car j'aime les gens et et j'aime découvrir d'autres cultures.

(Sheikah Bodour s'interrompt une minute afin de savourer un lugaimat, une sorte de petit beignets trempé de miel et parsemé de graines de sésame, qui se marie admirablement avec l'amertume du thé.)

Nous avons un livre sur les lugaimat. Nous le sortons le 13 novembre, "When the Camels Craved Dumplings". C'est une boulette de pâte typiquement émiratie et le livre raconte l'histoire de ce chameau qui adorait les lugaimats. L'auteur est émirati et durant le lencement de son livre nous en servirons sur le stand!

Pour en revenir à mon arrivée à Cambridge, cela a été un grand choc culturel. J'avais 18 ans et nous n'étions pas aussi cosmopolite. Il n'y avait pas autant d'étrangers qu'aujourd'hui, ici. Il a fallu que je m'adapte à un nouveau pays, une autre culture, mais c'était la meilleure expérience de ma vie. Cela m'a façonnée en tant que personne et m'a définie.

Les livres que vous publiez gravitent tous autour de la culture émirati et l'identité?

Oui car si vous réféchissez à notre pays, nous sommes très jeunes et très ouverts à de nombreuses nationalités et pays et les enfants qui grandissent ici sont très imprégnés par d'autres cultures, ce qui est formidable. Cela les rends ouverts et instruits mais il faut aussi garder une forte identité. Pour qu'un enfant développe son estime de soi et une bonne connaissance de soi-même, il doit savoir se situer, d'où il vient, qui il est. Et à travers ces histoires, on peut les rendre de fiers de ce qu'ils sont et d'où ils viennent. Et ils peuvent exporer, voyager n'importe où dans le monde mais ils sauront qui ils sont véritablement, au fond d'eux-mêmes.

Réagissent-ils différemment aux histoires locales, traditionnelles?

oui, je crois. Ils se reconnaissent dans les livres, peuvent s'identifier aux personnages, à l'environnement, aux mots, à beaucoup de choses. Et c'est important.

Ecrivez-vous?

Oui mais je ne publie rien car on est plus critique envers soi-même qu'envers les autres et je suis très critique sur tout ce que j'écris mais j'espère que l'année prochaine une partie de mon travail sera publié.

Votre père, Son Altesse Sheikh Dr Sultan bin Mohammed Al Qasimi, Membre du Conseil Suprême et Ruler de Sharjah, écrit n'est-ce pas?

Oui il est poète, historien et dramaturge.

Il vous lisait des histoires?

Oui, nous avons grandi au milieu des livres. Durant des années et des années, il nous a raconté des histoires datant de son enfance. Et nous l'avons supplié de les mettre sur papier car sinon elles seront perdues. Nous l'avons poussé à écrire ces histoires et maintenant il a écrit tellement de livres. Il en sort un chaque année. Ces histoires personnelles sont très importantes, elles nous façonnent. Il a eu une vie passionnnante.

Quel est l'écrivain ou les écrivains que vous affectionnez particulièrement?

Le poète perse Jalāl ad-Dīn Muhammad Rūmī. J'aime beaucoup ses poèmes, je les lis régulièrement.

Pour info: le site de Kalimat

http://www.kalimat.ae/

KyraDubai

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Welcome-Bienvenue-Ahlan

Publié le

Bonjour à toutes et à tous,

J'ouvre les yeux et je vois... Un désert, et une ville qui brille de mille feux, érigée en un clin d'oeil. Je vois des centaines de milliers de personnes s'engouffrer dans leurs voitures à l'assault de leur dernier challenge. Vivre, ou survivre, Dubai fonctionne tout aussi bien sans toi. Mégalopole du tout et un possibles. Alors, en un rien de temps, j'ai compris qu'il me fallait, moi aussi, trouver mon défi. Chercher un rôle dans cette marée d'individus. Journaliste et écrivain, je me propose d'aller à la rencontre des visages et des destins qui se cachent derrière ces anonymes croisés tous les jours, tous les soirs. Et de vous faire partager leurs joies, leurs peines, leurs succès. Car comme vous, comme moi, ils ne seraient rien sans l'humain.

Et pour commencer je voudrais vous présenter des femmes. Pas n'importe lesquelles. Des femmes qui ont fait de Dubai l'écrin de leur succès, des femmes émancipées et entrepreneuses ou qui s'apprêtent à s'en donner les moyens. Fermez les yeux. Essayez d'imaginer Dubai il y a quarante ans. Réalisez le chemin parcouru...

Alors, rendez-vous en novembre pour le premier d'une série de portraits, interviews et rencontres!

Kyradubai

Lire l'entretien avec Sheikha Bodour en direct du 31è Salon du Livre de Sharjah

www.http://kyradubai.overblog.com/tag/entretiens/

Pour en savoir plus sur l'auteur:

www.kyra-dupont-troubetzkoy.com

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