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« Le défi est à la maison, pas sur le terrain »

Publié le par Kyradubai

« Le défi est à la maison, pas sur le terrain »

Maria Al Qassim, responsable de programme pour Dubai Cares, la plus grande organisation caritative de Dubaï, croit profondément aux hommes, et à la femme. Pas d’angélisme mais un profond idéalisme chez cette jeune émirienne qui espère familiariser ses pairs à l’engagement des femmes locales dans l’humanitaire. INTERVIEW.

NB: In english at the bottom

Quelle est la mission de Dubai Cares et comment y êtes-vous entrée?

Dubai Cares a été lancé en septembre 2007. J’ai eu de la chance d’être parmi les membres de l’équipe fondatrice. Je sortais tout juste de l’université et ils m’ont littéralement engagée deux semaines plus tard ! J’ai un diplôme de marketing de Dubai Unversity. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir trouvé un projet aussi inspirant dans lequel m’investir. Ils voulaient des jeunes filles émiriennes et j’ai eu la chance d’être la seconde personne engagée. J’avais 22 ans. C’était une expérience merveilleuse. Très spirituelle. Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Makhtoum voulait créer une grande banque pour la philanthropie comme il l’a fait pour les autres industries. Dubai Cares était censée être la contribution humanitaire de Dubaï. Parce qu’il croit à l’éducation et comment l’éducation contribue à casser le cycle de pauvreté. Cela aurait pu se faire dans n’importe quel domaine, mais il a choisi l’éducation car il y croit.

Pourquoi Dubai Cares est quelque chose d’important pour Sheikh Mohammed ?

C’était peu de temps après que soient annoncés les objectifs du Millenium. C’était donc sa contribution au problème majeur et ignoré de l’éducation dans les pays du Sud, surtout l’école primaire. Et la contribution de Dubaï au développement : comment aborder MDG 2, 3, ou 8 (Millenium Development Goals) qu’il s’agisse de la mise à disposition d’écoles primaires dans les pays en voie de développement, de l’égalité des sexes, de l’autonomie des femmes grâce à l’éducation.

Quelles valeurs souhaitez-vous véhiculer ?

L’une des valeurs dans laquelle nous croyons fermement est la dignité. Les gens devraient avoir l’opportunité de choisir la vie qu’ils désirent et non qu’elle leur soit dictée par les circonstances. La façon la plus forte d’atteindre ce but est l’éducation. Si vous donnez à quelqu’un une chose que personne ne peut leur reprendre, comme l’éducation, c’est une opportunité et une nouvelle chance. La confiance en soi, la dignité, l’autonomisation sont des valeurs auxquelles nous croyons fort. Nous ne croyons pas aux différences de principes, de religion ou d’ethnicité. Dubai Cares n’est affilié à aucune religion ou groupe particulier. Nous croyons à l’humanité et au fait que nous devrions tous nous aider les uns les autres, peu importe toutes ces discriminations.

Et vos valeurs personnelles?

La raison pour laquelle j’ai survécu si longtemps ici c’est la synergie entre mes valeurs personnelles et Dubai Cares. J’ai foi dans l’humanité et non dans les différences de couleurs de peau, d’ethnies, de religions. Je crois en les gens et leur bonté. C’est ce que j’ai en commun avec Dubai Cares. Je crois à la responsabilisation et plus particulièrement à l’habilitation des femmes. Et cette organisation me donne l’opportunité de faire évoluer les choses dans un domaine auquel je crois fermement. Je crois vraiment aux femmes. Je crois que si vous donnez à une femme la possibilité de changer le monde, elle peut vous surprendre et y arriver.

Même plus que les hommes ?

Plus que les hommes, si vous croyez en elles.

Vous êtes donc passionnée par votre travail ?

Je le suis.

Est-ce important pour une femme de travailler, d’être impliquée professionnellement ?

En définitive, c’est son choix. Mais elle devrait pouvoir recevoir l’éducation nécessaire, qu’elle décide d’être une mère, une enseignante, une professionnelle. C’est essentiel. Je crois aux valeurs de l’éducation pour les femmes en général.

Qu’est ce que ce travail vous a apporté ?

Il m’a aidé à me comprendre. J’ai eu beaucoup de chance et c’est ce que mon chef me dit : Dubai Cares vous donne l’opportunité de vous découvrir. Cela a été cinq années d’auto-découverte non stop ! J’ai travaillé deux ans et demi puis j’ai pu faire un masters en développement à Londres car je veux en savoir sur le sujet : son histoire afin de contribuer de la façon la plus efficace.

C’était la première fois que vous alliez à l’étranger ?

Oui.

Cela a dû être une expérience incroyable ?

Cela m’a ouvert les yeux. J’ai rencontré des gens brillants qui partageaient la même passion, cette envie de changer le monde. C’était très inspirant. Que vous soyez sur le terrain à rencontrer les mères, les enfants, les enseignants, les membres des communautés ou que vous soyez assis dans un auditorium à écouter un prof ou à boire un café avec vos pairs, ce sont toujours des opportunités, des contacts humains que vous n’auriez pas ailleurs.

En vous laissant étudier à l’étranger, vos parents vous ont donné une vraie opportunité ?

Ce n’a pas été un problème. Ça l’est de moins en moins aux Emirats. J’ai fait un masters à l’étranger tout comme ma sœur. Nous ne l’avons pas fait avant parce qu’ils pensaient que nous étions trop jeunes. Cela fait partie de ma carrière et ils le comprennent.

Votre logo est très accrocheur, qu’est-il censé dire ?

Ce sont cinq mains de couleurs différentes montrant que Dubaï rayonne sur les cinq continents. Les couleurs vives symbolisent le bonheur et comment l’éducation devrait améliorer le bien-être des enfants du monde entier.

Quelle est votre vision ?

Nous croyons que l’éducation peut briser le cercle vicieux de la pauvreté.

Où en est l’accès à l’éducation aux E.A.U ?

Nous n’avons pas de programme ici mais nous avons de nombreuses activités pour sensibiliser la population à l’éducation, à la santé et à la nutrition. Nous essayons aussi de motiver les jeunes, les enfants et la communauté au bénévolat. Jusque là nous avons eu beaucoup de succès. Nous avons de nombreuses campagnes. En 2009, nous avons lancé WASH: l’eau et les conditions d’hygiène dans les écoles. Nous essayons de sensibiliser les gens aux problèmes rencontrés par les enfants des pays en voie de développement. Par exemple, qu’un enfant ne peut aller à l’école car il doit aller chercher de l‘eau pour sa famille et faire six kilomètres pour y arriver. Lorsqu’il sera de retour, l’école sera finie. Nous leur faisons prendre conscience et réaliser ce qu’on peut faire, comme construire un puits dans l’école. Nous avons aussi eu une campagne de santé et nutrition à l’école : offrir des repas chauds ou encourager les familles à envoyer leurs enfants à l’école plutôt que travailler dans les champs. Toutes ces choses associées à l‘école qui peuvent avoir un impact sur l’inscription et l’apprentissage de l’enfant.

Et les bénévoles ici ?

Nous venons de faire une campagne à ce sujet. « La marche pour l’éducation » a lieu chaque année. C’est une façon de montrer aux communautés ce que cela représente pour un enfante de marcher pour aller au point d’eau le plus proche. 200 bénévoles nous ont aidés à organiser cet événement. Plus de 5000 adultes ont participé à la marche. C’est une magnifique façon d’expliquer les choses et de leur faire prendre conscience des privilèges qu’ils ont et que les enfants de ces pays n’ont pas.

Qu’est ce qui fait la différence à Dubaï ? Y a-t-il plus donateurs ? Plus de possibilités ?

La chose la plus importante à Dubaï, ce ne sont pas les tours, les immeubles ou les malls, mais les communautés si diverses. C’est quelque chose de grande valeur pour Dubai Cares. Nous avons des gens de partout dans le monde, d’horizons différents. Toutes ces communautés contribuent à leur façon. Elles reflètent l’idée de Dubai Cares. Lorsque nous disons que nous ne croyons pas aux différences de nationalités ou de religions, voilà pourquoi nous parvenons à attirer autant de gens de communautés différentes.

Quel est votre budget ?

Nous travaillons dans plus de 28 pays. Je n’ai pas le budget exact en tête mais notre plus gros programme en Afrique, le Mali, coûte environ 16 millions de dollars. C’est le coût moyen de nos programmes.

D’où viennent les fonds ?

De la communauté. En 2007, pour notre campagne de fonds, nous avons réussi à lever près d’un milliard de dollars. Nous avons des donateurs avec de gros moyens mais aussi des personnes de la classe moyenne.

Surtout des locaux ?

Non tout le monde. Certains de nos plus gros donateurs ne sont pas locaux. Sunny Varkey, l’homme d’affaire indien, est notre plus gros donateur. Nous ne répertorions pas les nationalités de nos donateurs mais c’est un public très large.

Pour quels programmes travaillez-vous ?

En Ethiopie, Bosnie Herzégovine, Lesotho, Inde, Mali.

Vous voyagez beaucoup ?

Oui.

Vous êtes célibataire ?

Non, en fait je suis enceinte ! Je vais avoir un petit garçon. J’ai un peu moins voyagé les six derniers mois. Mais dès que j’aurais mon bébé je vais recommencer à voyager. Une grande partie de mon travail est d’aller sur le terrain et de parler aux gens, m’assurer que leurs besoins sont satisfaits, que nos programmes sont assurés comme ils le doivent, les fonds utilisés sciemment.

Quelles scènes vous ont particulièrement émues sur le terrain ?

Il y en a beaucoup. Au Bangladesh, les inondations sont un énorme problème. Les enfants ne peuvent plus aller à l’école car ils doivent carrément nager pour s’y rendre ! C’est important d’aller sur le terrain, car vous ne lisez pas ce genre de choses dans les rapports. Nous avons donc acheté un bateau pour amener les enfants à l’école sans qu’ils aient besoin de nager en eaux profondes. Egalement, un programme d’école informelle dans une région très reculée du Bangladesh. Cela fait chaud au cœur de voir comment chacun essaie d’aider. Nous essayons d’impliquer un maximum de gens de la communauté : les parents, le chef de la communauté, afin que tout le monde s’intéresse au programme. Je me souviens de cet endroit mis à disposition par un villageois et du professeur bénévole qui n’avait pas 20 ans. Je n’ai jamais vu quelqu’un enseigner avec tant d’enthousiasme. Il était si engageant. Les élèves le regardaient les yeux écarquillés alors qu’il leur parlait de la pyramide alimentaire et des vitamines. Il y avait tant d’excitation, la salle étai si petite alors il y avait des enfants partout, aux fenêtres pour essayer de suivre. C’était la plus belle des choses à voir.

Quelles qualités sont nécessaires pour travailler dans l’humanitaire ?

Il faut être très flexible et ouvert aux différentes cultures, aux gens, au monde. Il faut être préparer à voir des situations tragiques. Ce n’est pas un boulot attirant. Il y a beaucoup de déplacements. Au début, j’ai pensé que j’aurais de la peine à supporter. C’est dur d’éprouver de la compassion pour eux car ils n’en ont pas pour eux-mêmes. La dignité qu’ils ont… Ils sourient tout le temps. Ils pensent qu’ils ont tout.

Que souhaitez-vous à la prochaine génération de filles des E.A.U ?

Je leur souhaite de vivre de telles rencontres. Ce n’est pas très courant pour les gens des Emirats d’aller dans les pays en voie de développement. C’est un problème global. Les gens sont exposés à cela par la télé ou internet mais n’y vont pas, n’en font pas l’expérience. Je pense que c’est quelque chose que les gens devraient faire au moins une fois dans leur vie. C’est quelque chose que j’ai hâte de partager avec mon enfant. Je voudrais qu’il y aille et aie cette expérience.

Pour réaliser la chance qu’il a ?

Oui, les privilèges que nous avons.

Comment est-ce d’être à ce poste de Program Officer, étant une femme locale ?

Je pense vraiment que lorsque vous arrivez dans ce domaine, les nationalités cessent d’exister. C’est le même constat pour tout le monde. Le seul challenge que les femmes ont à relever ici, c’est obtenir le soutien de leur famille. Le défi se trouve à la maison, pas sur le terrain. Trouver quelqu’un de votre entourage qui vous soutienne car ce domaine n’est pas facile. On peut comprendre qu’ils se fassent du souci que vous partiez là bas. Ils entendent des choses sur les pays en voie de développement qui les bousculent. C’est compréhensible. Mais si vous avez ce soutien, c’est tellement plus facile pour vous de vous y rendre et de faire votre travail. Ils comprennent de mieux en mieux pourquoi on le fait. Ils disent souvent : « Nous savons qu’il y a des besoins et que quelqu’un doit y aller mais pourquoi toi ? ». Mais finalement ils comprennent que si tu n’y vas pas, beaucoup d’autres ne serons pas encouragés à y aller. En faisant cela, j’espère vraiment que plus de gens vont se familiariser à l’idée de femmes émiriennes dans ce genre de travail. Et peu à peu, cela change.

Avez-vous dû vous battre pour atteindre ce poste ?

D’une façon subtile. J’ai poussé petit à petit pour obtenir ce que je voulais. C’est comme cela que ça a marché. Je suis très reconnaissante de ce que j’ai.

ENGLISH VERSION

« The real challenge is at home, not on the field »

Maria Al Qassim, Program Officer at Dubai Cares, the most important humanitarian organization of Dubaï, truely believes in men, but also women. This young Emirati, idealistic in the true sense, hopes her experience will help promote the involvement of her peers in the humanitarian field. INTERVIEW.

What is the mission of Dubai Care and how did you get involved ?

Dubai Cares was launched in September 2007. I was lucky to be one of the founding team members. Fresh out of college. They literally hired me two weeks after I graduated from Dubai Unversity in marketing. And I thought I was so lucky to have found something so inspiring to be part of. I was very lucky to be the second employee to be hired. I was 22. It was a wonderful experience. A very spiritual one. Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Makhtoum wanted to create a big bank in philantropy like he did in any other industries. So Dubai Cares was supposed to be Dubai’s contribution to the world to help. Because he believes in education and education contributes to break the cycle of poverty. It could have been any other area but he chose education because he believes in it.

Why is Dubai Cares important for Sheikh Mohammed ?

It was shorly after the Millenium goals were anounced so it was his contribution to the very important and ignored problem of education in the Southern world, especially primary education. It was also Dubai’s contribution to the millenium development cause, how can we tackle MDG 2, 3, and 8 (Millenium Development Goals) whether it is the provision of primary education to children in developing countries, or the gender equality, or women empowerment with education.

What are the values Dubai Cares wish to convey ?

One of the values we really believe in is dignity and that people should have opportunities to choose the life they want for them and not having it dictated upon them by circumstances. The strongest way to do that, is through education. If you empower someone by giving them that something nobody can take away from them which is education, you give them this big opprtunity that nobody can take away from them. Giving them a new stake of life. Self confidence, dignity and empowerment are values we strongly believe in in Dubai Cares. We don’t believe in differences between people, creed or religion or ethnicity… Dubai Cares is not affliliated with any religion or particular group. We believe in humanity and that everybody should be helping each other regardless of all these discriminations.

And your values ?

I think the reason I survived in Dubai Cares for so long is because there’s a lot of synergies between my own personal values and Dubai Cares. I believe in humanity and not in differences between skin colors, ethnicities, religions. I believe in people and the goodness in people. I believe in empowerment and especially women empowerment. Dubai Cares gives me this opportunity to make changes within that segment in which I strongly believe in.

I really believe in women and I believe if you give women that opportunity to change the world, she can surprise you by doing that.

Even more than men ?

Even more than men if you believe in her.

So you are very passionate about your job ?

I am.

Is it important for women to work, to be professionally involved ?

Ultimately for a woman to be professionnally involved is a choice of hers. But what should not be a choice is to have an education, whether she chooses to be a mother or a teacher or a professional woman, then education is essential. I believe in the values of education for women in general.

What did this job brought you ?

This job helped me understand myself. I was very lucky and this is what my boss always tells me: Dubai Cares gives you the opportunity to discover yourself. It has been five years of non stop self discovery. I worked the first two and a half years. I then went to do a masters degree in development because I wanted to learn more about it : its history, how I could contribute better. I went away for a year to London.

Was it the first time you went abroad ?

Yes.

That must have been an amazing experience ?

It was very eye opening. I met brilliant people. We all shared the same passion, this drive to change the world to the better. It was very inspiring. Whether your in the field meeting with the children, the mothers, the teachers, the community members, or sitting in a lecture hall accross a professor who is lecturing or sitting in a coffee shop with your peers discussing, there is always opportunities and human contact that you cannot get anywhere else.

So your parents gave you a real opportunity by letting you study alone abroad ?

That was not an issue. It is becoming less and less of an issue in the UAE. I went to get my masters degree abroad and so did my sister. I think the reason we did not go before was that they thought we were too young. It was part of my career and they understood it.

I really like Dubai Cares’ logo, what does it say ?

These are five hands with different colors basically saying Dubai Cares outreaches the five continents. The colors are cheerfull, symbolizing happiness and ow education should provide well being of children all over the world.

What is Dubai Cares’ vision ?

We believe that through education we can break the cycle of poverty.

How is it here in the UAE regarding access to education ?

We do not have programs here but we have a lot of activities to increase the awareness of the population particularly in education, health and nutrition. We also try to drill the volunteer drive within the youth, the children and the community. So far we have been very successful with that. We have many campaigns. In 2009, we had the WASH: water and sanitation hygiene in school. How do we promote health for children in developing countrie. We make people aware of issues that the children in developing countries face. For instance, a child cannot go to school because he needs to fetch water for his family and that is six kilometers away and by the time he comes back school is over. So we just make them aware of these issues and help them understand what we can do. Like building a well in the schools. We also had a school health and nutrition campaign about how do we provide children with hot meals at school and encourage the families to send their kids in class instead of working in the field. It’s all these things related to school that can affect a child’s inrolment or learnings in the school. That’s what we do.

What about the volunteers here ?

We just had a volunteering drive. « The Walf for education » takes place every year. To give the community in the UAE an idea of how long a child has to walk in order to go to the nearest drinking point. To help organize this event we had over 200 volunteers. And we had more than 5000 adults. It is a beautiful way to explain things to children here and make them aware of the privileges they have and that other kids in developing countries don’t.

What makes a difference in Dubai, there are more donors than elsewhere, more possibilities ?

The most important thing about Dubai is not the towers or the buildings or the shopping malls, the strenght of Dubai is its community. Very diverse. This is something that helps Dubai Cares. We have people from all over the world with different backgrounds and it helps us to have a wider presence among the community of Dubai. They all contribute in different ways. They really reflect what Dubai Cares is about. When we say we don’t believe in nationalies or religions, this is what it is about and that’s why we are able to attract so many people from the different communities.

What is the budget you are dealing with ?

We work in over 28 countries. I don’t have an exact budget in mind but our biggest program in Africa, which is Mali, costs about 16 million dollars. That’s on average what our program cost. We have smaller and bigger ones but this is an average.

Where the funds come from ?

The community. We were able to raise a significant amount in 2007 for our first fundraising drive which was close to a billion dollars. We have donors with big means but also average person of the community.

Donors are mainly locals?

No, everybody. Some of our biggest donors are not locals. Sunny Varkey, the Indian businessman for instance, is one our biggest donor. We don’t keep track of the nationalites of our donors but it is a very wide audience.

Can you tell me about the programs you work for ?

Ethiopia, Bosnia Herzegovina, Lesotho, India, Mali.

You get to travel a lot ?

Yes.

Are you single ?

No actually I am pregnant and will have a baby boy soon ! I have travelled a bit less in the past six months. I will travel as soon as I have my baby. A very important part of the job is go to the field and speak to people, make sure their needs ar meant and that our program is being delivered the way we want it to be, people donations are being used the way they are supposed to.

Tell me a story that particularly moved you in the field ?

There are many. In Bangladesh, flooding is a huge issue. The kids can’t go to school because they literally have to swim to get there. This is why it is important to be in the field because you don’t get to hear about these stories from reports. So we purchased a boat that can get the kids to school safely without having to swim in the deep water. Also a program of an informal school in a very remote area in Bangladesh. It is very heartwarming to see how everybody comes to help with this. We try to involve as many communiy members as possible including parents, the head of the community, so everybody gets interested in the program. The classroom was donated by one of the village member and the teacher was also a volunteer, less then 20 years old. I never saw someone teach with so much enthousiasm. He was so ingaging. The students were looking at him with wide eyes. He was teaching them about nutrition, vitamins and the food pyramid. There was so much excitment form the kids and the classroom was small you would see little children stuck in the window trying to look as well. It was the most beautiful thing.

What qualities are needed to work in the humanitarian field ?

You have to be very flexible and open to different cultures, to people, to the world. You need to be prepared for tragic stuations it’s not a fancy job, a lot of travelling. When I came to this job, I thought it would be very difficult for me to handle. It is difficult to feel sympathy because they dont feel sympathy for themselves. The amount of dignity, they are always smiling. They think that they have everything.

What do you wish for the next generation of girls in the UAE ?

I wish people experience these encounters. It is not very common for people from the UAE to visit developing countries. I think it’s a global problem. People are exposed to these things through tv or internet but to actually go there and experience it... I think it is something people should at least do once in their life. It is something I look forward to do with my child. I would want him to go and experience this.

To realize the luck he has ?

Yes. The privileges we have.

How is it to work in your job being an Emirati woman ?

I really think that when you enter this field, nationality ceases to exist and it is the same experience for me, for you for any person of any natonality who go there. The only challenge women face here is getting the support from their families. The real challenge is at home and not on the field. Finding someone who will supprt you in this field, because it is not an easy one. You can understand that they can be worried about you going there. They hear about things from devloping countries they are not comfortable with. It’s understandable but if you get that support it is so much easier for you to go there and do your job. Eventually they start to understand more and more why you do this. The argument is « We know there are need sand someone has to do it, but what does it have to be you ? » So eventually they come to understand that if I don’t do it then many others will not be encouraged. Through me doing this, I really hope that more people will get used to that idea of Emirati women doing that kind of work. And slowly it happens.

So you had to fight to be in your posiiton ?

In a very subtle way. Slowly. I pushed little by little to get what I wanted that’s how it worked. I am very grateful for what I have.

DUBAI CARES, 5 YEARS IN ACTION:

Vision : help a million children have access to education in Developing countries

Raised in 2007 : 1,7 billion dirhams

Action : 28 countries, 7 millions children

Fields of programmes :

Building and renovating schools

Supplying school materials

Teacher training and development

Health and nutrition projects

Curriculum development

Plus :

Emergency response

Equal gender and ethic representation in schooling

Locally : volunteer, awareness and fund-raising initiatives

For more info and to donate :

www.dubaicares.ae

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